Islam – Congo Brazza : Le gouvernement interdit le port du voile intégral

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Depuis plusieurs années déjà, le Congo-Brazza se montre particulièrement craintif face à la montée de l’Islam dans le pays. Dans le contexte régional actuel, le gouvernement a choisi de frapper fort contre la communauté musulmane et les étrangers, sous-couvert de lutte contre le terrorisme.

En effet, en justifiant sa démarche par le développement de la secte Boko Haram dans la région, notamment au Cameroun voisin, le Congo a décidé d’adopter des mesures visant à stopper l’islamisme dans le pays. Le voile intégral (sitar, niqab…) est désormais banni de l’espace public Congolais, avec la bénédiction surprenante d’El Hadj Djibril Abdoulaye Bopaka, président du Conseil Supérieur Islamique du Congo, qui a justifié la décision face à la presse :

«Le Congo est un pays laïc, où toutes les religions sont présentes. Mais, les autorités ont constaté qu’il y a certaines personnes qui portent le voile pour commettre des actes mafieux, explique ainsi le religieux. Le gouvernement a mené des enquêtes et arrêté certaines personnes. Il nous a dit qu’il ne veut plus voir les musulmanes porter le voile du visage jusqu’aux épaules, car dans d’autres pays, ce sont les femmes qui perpétuent les actes terroristes. Seul le port du foulard est autorisé. »

D’autres mesures fortes ont été prises contre les musulmans étrangers, notamment les ressortissants Centrafricains et Camerounais, qui fuient les troubles dans leurs pays respectifs en cherchant refuge dans les mosquées : «L’autre mesure concerne le contrôle des mosquées parce que les musulmans centrafricains, camerounais qui ont des problèmes dans leurs pays respectifs viennent au Congo sans papiers et n’ont pas de résidence, explique encore Bopaka. Ils dorment dans les mosquées, c’est une mauvaise démarche parce que la mosquée est faite pour la prière et non pour dormir.»

Le Congo-Brazzaville a relancé l’opération « Mbata ya Bakolo » depuis plusieurs mois, visant à lutter contre la criminalité, la délinquance, et l’immigration clandestine. Dans sa lutte, l’Etat est souvent accusé, notamment par ses voisins, de cibler exclusivement les étrangers installés dans le pays. Aujourd’hui, c’est la communauté musulmane, longtemps stigmatisée, qui subit le tour de vis, d’aucuns diront islamophobe, du gouvernement.