Diaspora / Angleterre – Aisha : « Rentrer chez moi en RD Congo pour y construire une nouvelle vie ».

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Actifs dans leurs pays d’adoption, les congolais de la diaspora sont de plus en plus nombreux à planifier un retour définitif en RDC. C’est le cas de Aisha, une congolaise installée depuis plusieurs années à Londres (Royaume-Uni).

Originaire de Kindu, dans une province du Maniema considérée comme le berceau de l’islam au Congo, la jeune femme de 29 ans, membre de l’ethnie Kasongo, est aide-soignante dans un hôpital de la capitale anglaise. Arrivée en Grande-Bretagne en 2002, Aisha se souvient de ses premières découvertes de la vie à l’européenne.

« La présence médiatique des musulmans est trop faible au Congo ».

« La première chose qui m’a frappée lorsque je suis arrivée en Angleterre, c’est la liberté de culte des musulmans. Ici, nous disposons de plusieurs canaux pour en apprendre plus sur l’islam, alors qu’au Congo, c’était plus difficile, explique la jeune femme. Par exemple, le christianisme domine au Congo, et les chrétiens disposent de tous les médias et moyens de communication, alors que notre présence médiatique à nous, musulmans, est trop faible ».

« J’ai toujours rêvé d’aider le Congo ».

Soucieuse du développement du pays, mais aussi du bien-être et de l’épanouissement de ses coreligionnaires congolais, Aisha est aujourd’hui déterminée à agir en faveur de la RDC, notamment pour donner plus de visibilité aux musulmans.

« J’ai toujours rêvé d’aider le Congo, et plus particulièrement la communauté musulmane. Je sais qu’ils ont une certaine liberté de pratiquer, mais il y a tellement d’inégalités, une telle crise financière, un tel retard dans le développement technologique, déplore-t-elle. Par la grâce d’Allâh, nous vivons en Europe, où nous avons de bonnes conditions, nous savons qu’ils ont besoin de nous, et nous devons nous atteler au développement de médias, de chaînes, de sites qui leur permettraient de mieux travailler pour leur religion ».

Pour voir ses rêves se réaliser, Aisha se dit prête à retourner s’installer de manière définitive au pays, histoire d’être au plus près des personnes auxquelles elle souhaite apporter son aide.

« J’ai vraiment hâte d’y retourner. J’ai terminé mes études il y a peu et j’espère avoir une situation qui me permette d’économiser afin de rentrer au Congo et d’y construire une nouvelle vie », dit-elle.

« Quand j’y suis retournée, je me suis sentie chez moi ».

Enthousiaste, l’anglaise d’adoption n’est retournée qu’une fois en République Démocratique du Congo depuis 2002. Un voyage qui aura grandement contribué à la raffermir dans ses ambitions : « J’ai quitté le pays suite à la guerre qui a commencé en 1996, se rappelle Aisha. Depuis 2002, je n’y suis retournée qu’une fois. Ce voyage, la proximité avec les gens, notamment, tout cela m’a fait me sentir à la maison, je me suis sentie chez moi, et c’est aussi pourquoi j’ambitionne de pouvoir rentrer un jour ».

« En RDC, il n’y a aucun problème entre musulmans et chrétiens ».

Si la province du Maniema, de par son histoire, connaît une très forte population musulmane, la RDC n’en reste pas moins un pays à majorité chrétienne. Pour la jeune femme, la cohabitation entre les deux communautés est à ériger en modèle, elle décrit des relations basées sur le respect, l’entente et l’esprit de famille.

« Au Congo, il n’y a aucun problème entre chrétiens et musulmans. Ils vivent en paix, partagent ensemble les difficultés du pays mais aussi les moments de joie. Dans ma propre famille, il y a des mélanges entre chrétiens et musulmans et cela n’a jamais posé de problèmes ».

Ainsi, bien qu’installée en Angleterre depuis près de 15 ans, Aisha, qui a accomplit son pèlerinage à La Mecque en 2011, prie pour pouvoir apporter toute son aide à sa communauté restée au pays. Déterminée et volontaire, la jeune femme est à l’image de bon nombre de congolais de la diaspora, pleine d’ambition, de projets et de bonne volonté pour un Congo qui a aujourd’hui besoin de toutes ses forces vives pour construire son avenir.

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