Grands Lacs – Burundi : Cheikh Haruna Nkunduwiga appelle le pouvoir à négocier avec l’opposition.

Burundi Mosquée

Les violences au Burundi ont causé la mort de plus de 300 personnes depuis le mois d’avril dernier. Pour le leader de la communauté musulmane burundaise, il est grand temps de laisser place au dialogue.

Au bord de la guerre civile, le Burundi fait face à une grave crise politique depuis le printemps dernier et l’annonce faite par le président sortant Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, pourtant jugé contraire à la Constitution par l’opposition.

Si la communauté musulmane ne représente que 5 à 10% de la population, cette minorité se veut active et impliquée, notamment dans la vie politique du pays. Cheikh Haruna Nkunduwiga, leader de la communauté islamique du Burundi (COMIBU), plaide depuis plusieurs mois pour un dialogue inclusif et une solution pacifique à la crise traversée par le pays. Face à la multiplication des exactions et à l’accentuation de la répression, le dirigeant musulman a réitéré son appel à la négociation entre le gouvernement et l’opposition.

« Nous saluons le début des négociations avec l’Union Européenne, mais nous pensons que la véritable solution viendra des Burundais eux-mêmes », a déclaré Nkunduwiga au sujet des discussions qui ont eu lieu la semaine dernière avec l’UE. Le leader religieux a notamment plaidé pour un dialogue incluant les opposants exilés, les protestataires au Burundi et le pouvoir en place.

Alors que des cadavres continuent d’être retrouvés dans les quartiers contestataires de Bujumbura, et que des affrontements ont causé la mort de près de 90 personnes ce week-end, la communauté internationale pourrait finir par décider d’intervenir militairement au Burundi afin d’éviter que le conflit politique ne devienne ethnique.