RD Congo – Islam : Un Jumu’ah à Kinshasa (commune de Matete)

Kinshasa City

Dans la capitale de la République Démocratique du Congo, la communauté musulmane, dans sa grande majorité, cesse toute activité lorsque vient l’heure de la prière du Vendredi.

Commune de Matete, dans le sud de Kinshasa : sa paroisse Saint-Alphonse, ses églises évangéliques et de réveil, sa salle du royaume des témoins de Jéhovah, son église kimbanguiste, et sa mosquée Al-Aqsâ. 

C’est en plein coeur d’une forêt multiconfessionnelle que les musulmans de cette commune de la capitale ont leurs habitudes, dans une cohabitation et une entente qui feraient pâlir de jalousie bien des municipalités dans des zones plus sensibles du continent africain. Le vendredi midi, alors que retentissent les différents chants évangéliques et que les activités du quartiers se font au rythme de la musique  d’un Koffi Olomide toujours aussi populaire, les musulmans défilent dans les rues et convergent vers un même point : la grande mosquée.

Un à un, par groupe de trois, ou par équipes sorties comme de nulle part, ils peuplent peu à peu le bel édifice aux murs extérieurs couleur ocre et marron, et au minaret fait de mosaïques beige, blanche, marron clair et ocre, dans un style architectural qui n’est sans rappeler ce qui existe en Asie Centrale.

mosquée Al Aqsa Matete mosquée Al Aqsa Matete 2 Mosquée Al Aqsa Matete 3

A l’intérieur, quand ce n’est pas le Cheikh Aboubakar Bongania qui assure le prêche, c’est l’imam Daouda Bokungu, comme ce fut le cas aujourd’hui. Mais quel que soit l’intervenant dans la mosquée Al-Aqsâ, le thème général est souvent axé sur la revivification de l’esprit par un retour à l’essence spirituelle de l’islam. Entourés d’églises, de kimbanguistes et de différentes sectes d’origine chrétienne, les imams insistent particulièrement sur la base même de la religion musulmane, à savoir sa croyance en un Dieu unique, fondation sur laquelle s’articule la foi du musulman.

Aujourd’hui, dans un contexte de préparatifs des fêtes de fin d’année en RDC, l’imam Daouda Bokungu a insisté sur le comportement que devait être celui du musulman pendant cette période. Il a martelé que Noël et le Nouvel An devaient être observées d’un oeil extérieur de la part d’une communauté musulmane qui ne s’identifie pas à ces festivités. L’imam a ainsi fermement rappelé que le musulman devait se contenter des fêtes liées à l’islam et permises par la religion, à savoir la Fête de la rupture du jeûne de Ramadan (‘Aïdul-Fitr) et la Fête du Sacrifice (‘Aïdul-Adhâ).

Pendant le prêche, l’imam capte tous les regards, toutes les attentions, l’assistance observe un calme total et absorbe le moindre de ses propos, histoire de mieux appliquer, puis transmettre autour de soi une fois sorti de la mosquée. Car c’est une coutume à Matete, après la prière, les discussions sur l’esplanade de l’édifice religieux portent sur le discours qui y a été tenu. Certains s’empressent d’aller saluer l’imam et de le remercier chaleureusement, d’autres se prennent dans les bras en se donnant des nouvelles, le tout dans un petit embouteillage qui durera quelques minutes devant la mosquée.

Des appels à la patience face aux récentes épreuves qui ont touché une partie de Kinshasa, inondée; des appels à plus de spiritualité dans un monde matérialiste; des invitations au dialogue et à la paix,… les prêches du Vendredi à la mosquée Al-Aqsa, où le niveau d’érudition des imams est jugé particulièrement haut dans la capitale, sont de vraies bouffées d’air frais pour les fidèles qui la fréquentent.