RD Congo – Environnement : La protection des animaux, grande oubliée des associations islamiques ?

Gorilles Virunga

En RDC, la cause animale, défendue par de nombreuses ONG étrangères, mobilise bien peu de congolais. Mais la donne pourrait changer au sein de la minorité musulmane du pays, très active dans les milieux associatifs.

Minoritaire en République Démocratique du Congo, la communauté musulmane a longtemps estimé qu’elle avait mieux à faire que de se soucier des espèces protégées peuplant l’exceptionnelle faune naturelle du pays. Déjà occupées sur le terrain de la prédication islamique et de l’exposition du message coranique aux hommes, les associations musulmanes congolaises n’ont jamais dédié d’effort particulier à une cause animale défendue presque exclusivement par des organisations internationales, sauf exceptions.

Pourtant, la foi musulmane renferme une batterie de recommandations, d’ordres et d’interdictions sur la bientraitance des animaux, la miséricorde et l’empathie à avoir à leur égard. Certains textes sont plus stricts encore puisqu’ils interdisent formellement de tuer des espèces en particulier. C’est ainsi, par exemple, que d’après le compagnon ‘Abdallah Ibn ‘Abbas, le Prophète Muhammed (prières et salut divins sur lui) a interdit de tuer 4 animaux : la fourmi, l’abeille, la huppe et la pie-grièche. ( Hadith rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°5267 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud) S’il est toutefois permis de les tuer en cas de force majeure, comme lorsque l’on est attaqué ou qu’ils nous causent du tort, les rôles de premier plan joués par des insectes comme la fourmi et les abeilles dans l’écosystème viennent justifier leur protection, préconisée par le Prophète il y a 15 siècles.

Parmi les autres récits les plus souvent cités en matière de bientraitance animale, dans le Sahih de Muslim, le Prophète Muhammed (paix et bénédictions divines sur lui) a dit : « Une femme est entrée en Enfer pour avoir enfermé une chatte jusqu’à la mort sans lui avoir donné ni à manger ni à boire, et sans la laisser se nourrir des petites bêtes qui se trouvent sur terre. »

D’autres recommandations strictes sont éminemment connues au sein de la communauté musulmane, comme la bienséance à observer dans le sacrifice d’une bête, l’interdiction de tuer un animal comme loisir, ou encore de séparer des petits de leur mère. Face à la richesse et l’abondance de ces textes, il est étonnant de constater que les nombreuses associations musulmanes en République Démocratique du Congo, très actives sur le terrain, ne se soient pas impliquées davantage dans le combat actuellement mené pour la préservation des espèces et la protection animale dans le pays. Si la sensibilisation des hommes au message islamique est à juste titre considéré comme la mission première du musulman, son investissement dans l’ensemble des causes nobles, notamment celles touchant à l’environnement, constitue également une forme de rappel ainsi qu’une démonstration du caractère global des préoccupations islamiques.