RD Congo – Culture : Mariage coutumier à Kisangani (Ex-Province Orientale)

Mariage Coutumier Kisangani

Le mariage. Notre thème actuel nous mène aujourd’hui à Kisangani (Tshopo) autour des célébrations d’un mariage coutumier congolais.

En République Démocratique du Congo, le mariage se décompose la plupart du temps en trois parties : Le religieux, le coutumier et le civil. Si les rites diffèrent en fonction de la confession religieuse des familles concernées, le mariage traditionnel  est généralement respecté dans toute la RDC, quelle que soit l’ethnie ou la religion. C’est ainsi que sur la série de photos que nous vous proposons, les familles des mariés, d’obédience musulmane, respectent les règles, parfois complexes, de l’union ancestrale à la congolaise.

Les choses commencent par une lettre envoyée par le prétendant à la famille de la jeune fille convoitée. Selon les ethnies, le futur époux peut recevoir à son tour une réponse écrite de la part de la famille, dressant une liste détaillant la somme d’argent, des victuailles, des pagnes, des bijoux, parfois même des têtes de bétail, qu’il devra présenter en guise de dot pour obtenir la main de la future mariée. De nos jours, ces dots peuvent parfois atteindre entre 600 et 1000 dollars. Une fois que les deux familles, qui échangent traditionnellement par courrier, se sont entendues sur toutes les modalités, le futur marié est autorisé à se présenter, accompagné des siens, ainsi que de la dot demandée.

La cérémonie, organisée de manière théâtrale, ne se passe généralement pas aussi bien qu’aurait pu l’espérer le prétendant. Dans une mise en scène parfaitement rodée, le clan de la mariée fait volontairement monter les enchères autour de la dot, conditionnant toute avancée dans les négociations par le paiement d’une sorte de taxe que la famille du jeune homme peut se voir réclamée plusieurs fois : Pour avoir le droit d’entrer dans la maison, pour avoir le droit de prendre la parole, pour avoir le droit de voir la mariée, etc… Si pour un non-initié, le rite peut ressembler à un racket en règle, le tout se passe généralement dans la bonne humeur, et chaque famille sait à l’avance quelle partition elle doit jouer.

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Présentations, palabres, le clan du futur époux explique le but de sa visite, la famille de la promise se concerte pour imaginer toujours plus de conditions à imposer, puis, parfois au bout de plusieurs heures de discussions, et après de nombreux billets encaissés, la future mariée est autorisée à sortir au devant des invités. A noter que dans les régions à forte présence musulmane, comme ici à Kisangani, la promise apparaît cachée sous un voile. Autre différence entre les congolais musulmans et leurs compatriotes, l’omniprésence de l’alcool, qui fait d’office partie de la liste dressée pour la dot et qui rythme les cérémonies, est totalement absent chez les musulmans.

Autre différence notable chez les musulmans, les palabres ne démarrent jamais sans la lecture de quelques versets du Coran, récités en introduction de toute cérémonie. Ici, c’est le jeune imam Muhammed Djumapili, récemment installé à Kisangani, qui se charge de la récitation.

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Fait rare, certaines familles ne demandent absolument rien au prétendant, préférant le voir investir directement en faveur du tout nouveau foyer conjugal.

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Dissimulée sous un voile, la mariée est présentée aux familles.
Dissimulée sous un voile, la mariée est présentée aux familles.

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Photos : Kisangani (province de la Tshopo) / AJEMESCO

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