Grands Lacs – Islam : Ces tanzaniens qui soutiennent la prédication islamique congolaise.

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Shaykh Nurdin Kishki, prédicateur-vedette tanzanien

Actifs dans leur pays, de nombreux prédicateurs tanzaniens passent régulièrement la frontière pour venir prêter main forte à leurs frères congolais.

Évalué à un tiers de la population totale, le pourcentage de musulmans en Tanzanie est bien supérieur aux 10 à 15% estimés en République Démocratique du Congo. Plus ancien dans le pays, mais également plus marqué dans l’Histoire locale, l’islam tanzanien est mieux organisé, mieux structuré que ce que l’on peut généralement voir en RDC. Mais de part et d’autre du lac Tanganyika, les objectifs islamiques sont identiques : Propager, expliquer et sensibiliser sur le message coranique dans l’espoir de voir de plus en plus de non-musulmans embrasser l’islam. Swahiliphones, les tanzaniens sont de plus en plus nombreux à se rendre dans l’ex-Katanga, mais également dans le Kivu, pour de vastes missions d’islamisation aux côtés des associations islamiques locales.

« Nous avons notre propre groupe de prédication, que nous appelons le Dawa Unit Group, nous oeuvrons seuls et sans aucun soutien ni sponsor, nous explique Saïdi, un musulman actif dans la province du Sud-Kivu. Cependant, nous travaillons aussi parfois sous la forme de coalitions au sein desquelles interviennent des tanzaniens ». 

Accueilli triomphalement en 2014 à Goma (Nord-Kivu), Shaykh Nurdin Kishki, ultra-populaire chez les musulmans swahiliphones, était venu donner un énorme coup de pouce à la prédication islamique en général dans la province. Dans son sillage, plusieurs associations tanzaniennes se sont succédé dans le Nord-Kivu, avec des fortunes diverses. C’est ainsi qu’en août 2015, un groupe de 8 religieux musulmans, venus de Tanzanie, a eu à subir le contexte explosif d’une région gangrenée par l’insécurité et les groupes armés. S’aventurant dans le territoire de Rutshuru, les prédicateurs ont été enlevés par des rebelles non identifiés, avant d’être relâchés quelques jours plus tard, sains et saufs.

Aujourd’hui, ces missions islamiques venues du pays voisin maintiennent leurs efforts dans le Kivu, mais tendent à privilégier de plus en plus les localités de l’ex-province du Katanga, moins agitées que le Nord de la République Démocratique du Congo. Les associations islamiques congolaises, quant à elles, voient d’un bon œil ce soutien de leurs frères tanzaniens, les musulmans cherchant par tous les moyens à contrer les grandes campagnes d’évangélisation qui touchent l’ensemble du territoire congolais.

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