Grands Lacs – Burundi : Musulmans et chrétiens unis face aux pressions du gouvernement.

Nkunduwiga Hajj

Après la diffusion, il y a un mois, d’un communiqué du conseil des Évêques catholiques du Burundi dénonçant les violences, le pouvoir a accentué la pression sur les hommes d’Eglise, qui ont reçu le soutien du leader de la communauté musulmane.

Président de la communauté islamique du Burundi (COMIBU), Shaykh Haruna Nkunduwiga appelle, depuis le début des troubles et des violences dans le pays il y a un an, à la paix et à la réconciliation nationale à travers un dialogue entre toutes les parties impliquées. Président de la République du Burundi après un coup de force au printemps 2015 pour s’offrir un troisième mandat alors que la Constitution, d’après les opposants, n’en prévoit pas plus de deux, Pierre Nkurunziza exerce depuis une politique ultra-répressive, notamment dans les quartiers de Bujumbura acquis à la cause de l’opposition.

« Les leaders des confessions religieuses ont le droit et le devoir de veiller à ce que leurs fidèles vivent en paix et en sécurité. Or, par rapport à ce qu’il se passe dans le pays, où finalement il n’y a pas un jour qui passe sans qu’il n’y ait des tueries, il revient aux leaders religieux de pouvoir se positionner, d’abord sensibiliser, conscientiser leurs fidèles afin qu’ils ne s’adonnent pas à ses tueries, car nul n’a le droit d’ôter la vie d’autrui », a ainsi réagit Shaykh Haruna Nkunduwiga, qui craint que le conflit politique ne se transforme en conflit ethnique.

« Les leaders religieux que nous sommes, avons beaucoup de monde derrière nous, alors si ce monde vit en paix et en sécurité, cela contribuera au retour de la paix et de la sécurité dans l’ensemble du pays, parce que même ces responsables politiques sont parmi nos fidèles », a-t-il ajouté. « Donc les paroles que nous adressons sont aussi à destination de nos fidèles qui occupent les hautes sphères de notre vie politique ».

« La réaction du gouvernement m’a étonné dans une moindre mesure », a également déclaré le Shaykh concernant les menaces à l »encontre de l’Eglise. « Au niveau de l’Eglise catholique, ils sont passés par la voie des ondes. Mais nous aussi, dans nos mosquées, nous parlons de cela, nous interpellons et sensibilisons nos fidèles à préserver la paix et la sécurité, à préserver la vie. Donc peut-être que comme l’Eglise catholique est passée par la voie des ondes, le gouvernement a mal interprété cela, sinon, ça c’est un devoir de tout leader religieux. J’aimerais d’ailleurs que les politiques puissent inviter et écouter les responsables religieux puisqu’ils se mettent ensemble et discutent au retour rapide de la paix et de la sécurité dans le pays ».

Suite au communiqué diffusé par l’Eglise catholique, qui lançait un appel à la paix et au retour de la sécurité au Burundi, le pouvoir avait accusé les religieux d’outrepasser les limites, et l’Eglise dénonce depuis des pressions et des menaces de la part des autorités.

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