RD Congo -Dr AbdoulMadjid : « A l’émission KRATOS, un pasteur a voulu se battre avec Abdallah Bankita ».

L'imam Abdallah Bankita et le Dr AbdoulMadjid Kasogbia dans l'émission KRATOS, en 1999.
L’imam Abdallah Bankita et le Dr AbdoulMadjid Kasogbia dans l’émission KRATOS, en 1999.

Fondateur du groupe de prédication islamique Al-Badrou, le Docteur AbdoulMadjid Kasogbia a révélé quelques anecdotes sur les coulisses des débats face aux pasteurs dans l’émission Kratos en 1999.

 Dans une vidéo publiée sur YouTube, le théologien congolais évoque d’abord le succès de l’émission dans les rangs même de la communauté chrétienne du Congo Brazzaville, où se sont déroulés les débats : « Après ces débats, beaucoup de chrétiens, plus de 500, se sont convertis à l’islam au Congo Brazzaville, sans compter ceux qui continuent encore à embrasser l’islam. Parmi eux, certains ont été en Arabie Saoudite, où ils ont décroché une licence, et sont aujourd’hui rentrés au pays, où ils sont devenus prédicateurs ».

Le Docteur AbdoulMadjid Kasogbia a ensuite évoqué sa première rencontre avec le journaliste Jean Obambi, aujourd’hui directeur de Tele Congo, et qui animait à l’époque l’émission religieuse : « En réalité, monsieur Obambi ne croyait pas en nous au départ. Il a demandé à la personne qui nous a amenés à la télévision : « Pourquoi emmener des musulmans ici ? Vous, qu’est-ce que vous connaissez ? » Moi j’étais là, j’écoutais, raconte le théologien. Puis Jean Obambi s’est adressé à moi. Il m’a dit « Monsieur, vous savez, la télévision élève, et la télévision rabaisse, donc je vous prie de bien réfléchir si vous ne voulez pas être éclaboussé ici ».

« Puis, quand le débat a commencé, et que j’ai pris la parole, par la Grâce de Dieu, Obambi a changé son fusil d’épaule. Il a remarqué que c’était autre chose », a encore expliqué le Docteur AbdoulMadjid, avant de révéler que derrière les caméras, en plein débat, les techniciens de la chaîne de télévision faisaient des signes moqueurs aux pasteurs, tournant leur argumentation en dérision.

Si la première apparition du groupe Al-Badrou dans l’émission Kratos eut un retentissement énorme à travers le monde, elle fit une première victime parmi les pasteurs présents dans le camp des contradicteurs de la délégation musulmane : « Lors du deuxième débat, le professeur camerounais, celui qui était gros là, c’était un professeur d’université. Et l’autre, avec des lunettes, c’était aussi un professeur d’université. Donc lui, il est professeur, et en même temps pasteur. Après l’émission Kratos, son église l’a prié de faire ses bagages, parce qu’il avait fait la honte du christianisme. Il avait un salaire de 300 000 francs CFA à l’époque ! »

Une sanction qui allait donner lieu, dans les coulisses du deuxième débat à de vives tensions entre le pasteur et les théologiens musulmans, à tel point que l’homme d’église tenta d’en venir aux mains.

« Ce monsieur s’est mis en colère, et lors du deuxième débat, il a voulu se battre avec l’imam Abdallah Bankita, raconte le Docteur AbdoulMadjid. Comme il l’a trouvé un peu gringalet, il est assez mince, alors que lui est un peu gros, il pensait peut-être l’enrouler facilement et faire de lui ce qu’il veut. Mais il ne savait pas que l’imam Bankita est ceinture noire de karaté, deuxième dan ! »

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« Après cela, il y a eu beaucoup de convertis, et même le président de la République a demandé à me voir. Mais certains frères ont pensé que si je le rencontrais, je m’adonnerai à la dounia (la vie mondaine, ndlr), il me donnerait une forte somme d’argent, donc je ne m’en suis pas préoccupé, même si j’ai rencontré de grandes personnalités, des ministres à Brazzaville, etc… « 

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Le Docteur AbdoulMadjid a enfin expliqué que contrairement aux idées reçues et rumeurs ayant fait suite à ces débats islamo-chrétiens, aucun des pasteurs présents à l’époque ne s’était converti à l’islam.

« Aucun de ces pasteurs n’est devenu musulman. Sauf que la femme, madame Kamate, a voulu se convertir à l’islam. Son mari est venu me voir en me reprochant de vouloir convertir sa femme à l’islam. J’ai dit : « Non, moi je ne l’ai jamais invitée à l’islam ! Moi je ne fais que transmettre la vérité. Quant à sa conversion, cela dépend de Dieu », raconte le théologien. Mais la femme était vraiment convaincue, et même le journaliste m’a dit ceci : « N’eût été des raison politiques, je me serais moi-même converti à l’islam ». Mais aujourd’hui, ce monsieur lit le Coran. »