RD Congo – Actu : Week-end sanglant dans le Nord-Kivu, la société civile gronde.

NordKivu_0

La semaine avait tristement commencé avec le massacre de 17 personnes à Eringeti. Ce week-end, ce sont 9 personnes qui ont été tuées en Ituri, ainsi qu’un humanitaire dans le Nord-Kivu, alors que des députés ont boycotté une séance à l’Assemblée pour protester contre l’insécurité dans la région.

Vendredi 6 mai, c’est à Biane et Ndalya que les groupes armés, probablement les ADF, se sont signalés en massacrant à la machette 9 civils avant d’être mis en déroute par l’armée congolaise. Ces attaques ont généré une vague de départ des habitants des villages ciblés, environ 400 déplacés auraient ainsi été répertoriés dans la ville de Komanda, vers laquelle affluent les villageois.

Le même jour, dans le Nord-Kivu, c’est un avocat de l’association humanitaire Heal Africa qui perdait la vie alors qu’il se trouvait au milieu d’un échange de tirs entre les FARDC et un groupe armé près de Kichanga. Roger Muteba Muanyishayi, qui travaillait pour une clinique juridique au service des victimes de violences sexuelles, a été atteint d’une balle dans ces circonstances sans pouvoir être sauvé par les services médicaux de Mweso, où il a été transporté.

 Suite à ce climat d’insécurité grandissante dans le Nord-Kivu, des élus de la province ont boycotté la séance plénière de vendredi à l’Assemblée Nationale, recevant le soutien de certains de leurs collègues dans leur démarche. Jérôme Lusenge, qui s’exprimait pour les députés du Grand Nord du Nord-Kivu, regrettait la démission de l’Etat sur la situation sécuritaire dans sa région :

« Les morts au Grand Nord du Nord-Kivu, on en a trop. Le jour où il y a eu carnage à 17 heures, le gouvernement de la République s’est réuni par coïncidence, a-t-il déploré dans des propos relayés par Radio Okapi. Mais dans le compte-rendu de la réunion qui a été lu par le ministre de la Santé, on dit que tout est calme sur toute l’étendue de la République. Comment ne pouvons-nous pas voir que c’est de la négligence. On minimise les faits quand il s’agit de notre contrée ».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux membres de la société civile congolaise déplorent vigoureusement le manque de solutions du gouvernement congolais face à la question de la sécurité dans le Nord-Kivu. Au sein de la population comme auprès des élites, on constate amèrement que l’éradication des groupes armés ne constitue pas une priorité pour l’Etat congolais, accusé d’être bien plus prompt à museler les opposants politiques et les activistes.