RD Congo – Actu : Audience Katumbi, mandat Kabila, la journée politique du 11 mai 2016.

 KatumbiProcès

Marquée par le deuxième jour d’audience de Moïse Katumbi au palais de justice de Lubumbashi, mais aussi par la décision de la Cour constitutionnelle portant sur le mandat du président Kabila dans le cas où les élections n’auraient pas lieu en fin d’année, l’actualité politique a été particulièrement agitée aujourd’hui en République Démocratique du Congo.

À Lubumbashi, le principal opposant au pouvoir, et candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi, était auditionné pour la deuxième fois par les magistrats du parquet général, dans le cadre de l’affaire sur le recrutement présumé de mercenaires étrangers. Déjà entendu lundi, l’ex-gouverneur du Katanga peut à chaque fois compter sur un impressionnant soutien de la population locale, qui l’accompagne jusqu’aux abords d’un palais de justice quadrillé par une important dispositif policier. Aujourd’hui, les forces de police ont dispersé les milliers de sympathisants à coups de gaz lacrymogènes, en présence même de Moïse Katumbi et de ses partisans. Ce « dérapage » a été condamné par  le chef provincial de la police, général Jean-Bosco Galenga, qui a annoncé des poursuites contre les policiers incriminés.

Hier, le célèbre avocat pénaliste français Eric Dupont-Moretti a annoncé avoir rejoint l’équipe d’avocats de Moïse Katumbi. Il souhaite donner une dimension internationale à ce que bon nombre d’activistes congolais et d’observateurs estiment être une tentative de mise à l’écart de Katumbi dans sa course à la présidentielle.

À Kinshasa, alors que le Congo tout entier avait les yeux braqués sur l’évolution de la situation à Lubumbashi, la cour constitutionnelle a rendu aujourd’hui un arrêté permettant au président Joseph Kabila de se maintenir au-delà du terme de son mandat, si les élections présidentielles ne pouvaient se tenir, afin d’éviter une vacance du pouvoir. « Suivant le principe de la continuité de l’État et pour éviter le vide à la tête de l’État, le président actuel reste en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président élu », a ainsi statué la Cour constitutionnelle, s’appuyant sur l’article 70 de la Constitution.

Une décision aussitôt dénoncée par l’opposition, qui soupçonne toujours le président Kabila de vouloir aller au-delà des deux mandats présidentiels autorités par la Constitution congolaise.