Diaspora – France : Rentrer en RDC pour fuir le climat hostile à l’islam en France ?

Une inscription islamophobe en France
Une inscription islamophobe en France

Face au climat de haine anti-musulmane qui sévit en France, et qui semble aller en s’accentuant, depuis plusieurs mois, des membres d’associations islamiques de Kinshasa invitent les congolais d’obédience musulmane installés en France à rentrer en République Démocratique du Congo.

Plus un jour ne passe sans que la communauté musulmane ne soit au centre de débats et de polémiques douteuses en France. Depuis plus de deux ans maintenant, de façon intense, et au rythme des attentats qui frappent malheureusement le pays, les musulmans font office de parfaits boucs-émissaires pour des autorités politiques relayées à merveille par des médias qui n’hésitent plus à faire leurs gros titres sur la question de « l’islam de France ». Dernière polémique en date, l’interdiction du port du burkini dans certaines plages du Sud de la France a choqué la presse internationale, et suscité l’interrogation au sein de la communauté musulmane en République Démocratique du Congo. C’est dans ce contexte estival particulièrement crispé qu’on a appris aujourd’hui qu’une femme avait été verbalisée sur une plage à Cannes pour la simple raison qu’elle portait le hijab, et cela alors même que le port du foulard islamique n’est interdit par aucune loi en France.

Depuis Kinshasa, Muhammed Konde, membre actif de l’Organisation pour l’Education Communautaire (OEC), association islamique basée dans la commune de Kisenso, se dit inquiet pour le sort des musulmans vivant en France. Craignant que le ciblage systématique de cette communauté ne s’aggrave dans les prochains mois, il encourage les quelques français d’origine congolaise à rentrer au pays : « Ce n’est pas un pays ça ! Ce n’est pas possible de faire vivre ça aux musulmans, s’indigne le jeune homme. Il faut absolument que les soeurs et frères congolais de France rentrent ici à Kinshasa. Ici, même si il y a des problèmes, la misère, la situation politique, on nous laisse relativement tranquilles et on ne nous fait pas du tout vivre ce genre de choses ».

Conscient du fossé qui existe entre les conditions de vie en France et en République Démocratique du Congo, le membre associatif insiste sur le fait qu’en rentrant dans le pays de leurs parents, les musulmans de la diaspora congolaise pourraient  quitter un pays où ils sont indésirables pour contribuer au développement de la communauté locale. « Ici, il y a beaucoup à faire et nous avons besoin de l’investissement de nos frères qui sont en France. C’est vrai qu’il y a les coupures de courant, le manque de moyens dans nos associations, et des conditions difficiles, mais ici au moins, ils ont un rôle à jouer ».

Quasiment impossible à chiffrer, le nombre de congolais d’obédience musulmane en France est en réalité principalement constitué d’enfants d’immigrés congolais, de nationalité française, convertis à l’islam après avoir bénéficié d’une éducation chrétienne.