Beni – Lambert Mende persiste et signe : « Ces crimes barbares s’apparentent à du djihadisme ».

Après avoir déclenché une première fois la colère des musulmans congolais en déclarant que les massacres à Beni relevaient du terrorisme international avec des complicités au sein de la communauté musulmane de Butembo, Lambert Mende a réaffirmé que c’est bel et bien l’idéologie djihadiste qui motivait les ADF dans le territoire de Beni.

Mende

Dans un entretien accordé au site Habari RDC, le porte-parole du gouvernement a de nouveau dénoncé le « djihadisme » des présumés ADF comme cause des massacres perpétrés dans le territoire de Beni. Conscient du poids et de la connotation du terme employé, il a estimé que malgré l’absence de revendications, des liens avaient été découverts entre ces combattants et d’autres organisations islamistes africaines, comme les Shebab.

« Nous savons très bien quels sens ont les mots. Ces crimes barbares s’apparentent à du terrorisme que nous pourrions aussi appeler « djihadisme ». Car les FARDC ont fait des découvertes lors d’offensives à Medina, Mwalika et Anaduyi. Nous avons trouvé des liens entre les ADF et d’autres groupes djihadistes à travers l’Afrique notamment avec les Shebab somaliens, a ainsi assuré Lambert Mende. Le deuxième lien c’est la nationalité des combattants qui composent ce groupe criminel. Il ne s’agit pas seulement des ADF ougandais, il y a aussi des somaliens, des éthiopiens, des soudanais, des tanzaniens, des rwandais et malheureusement des congolais. Le troisième lien c’est le modus operandi. Ce n’est pas un combat conventionnel, c’est une offensive asymétrique où ils choisissent leurs cibles exactement avec le même schéma que tous les terroristes partout ailleurs. Des personnes innocentes, inoffensives, sont visées pour les opposer entres elles, ou pour créer un opposition avec les dirigeants du pays. L’objectif est de déstabiliser. Le gouvernement congolais reconnaît aujourd’hui près de 600 victimes de ces tueries à l’Est de la RDC. »

Vivement contestée au sein de l’opinion congolaise, et à plus forte raison au sein de la minorité musulmane du pays, la version officielle de la lutte contre le terrorisme peine également à convaincre la communauté internationale. Alors que la République Démocratique du Congo n’est, et n’a jamais été en conflit, avec aucun pays musulman au point d’en subir les représailles, l’absence de revendications contribue à jeter un doute troublant sur l’identité réelle des auteurs de ces massacres. À une époque où les différents groupes djihadistes usent de tous les médias possibles et des réseaux sociaux pour diffuser leur propagande et faire connaître leurs motivations, le silence des présumés-ADF interroge et continue à alimenter bien des spéculations sur l’instabilité à Beni et dans tout l’Est du Congo.