Grands Lacs – Ouganda : Craintes autour d’une présence potentielle de « terroristes » à l’Est de la RDC.

Les autorités ougandaises ont alerté aujourd’hui la RDC sur la présence éventuelle de « terroristes » dans le Nord-Kivu. À Kampala, on craint que des actions contre l’Ouganda ne soient en préparation dans les forêts du territoire de Beni.

Le président ougandais, Yoweri Museveni
Le président ougandais, Yoweri Museveni

Sans le nommer directement, le pouvoir ougandais soupçonne le groupe rebelle des ADF, qui combat Museveni depuis plus de 20 ans, de préparer un retour en force en Ouganda pour y semer la terreur. Terrés depuis plusieurs décennies dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, les ADF, à l’agonie il y a quelques années encore, sont désignés par le gouvernement congolais comme responsables des massacres commis sur la population civile de Beni depuis deux ans. Dans leur alerte adressée aux autorités congolaises, les ougandais ont fait part de leurs craintes suite à des informations faisant état de la présence de « terroristes » qui auraient bénéficié d’un entraînement sur le sol congolais « et qui se seraient positionnés vers le pont Semuliki, en attente d’attaquer l’Ouganda », a ainsi précisé le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, ajoutant que le Ministre de la Défense congolais avait d’ores et déjà saisi le mécanisme conjoint de vérification de la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs (CIRGL) afin qu’une enquête puisse être menée.

Les autorités congolaises craignent de leur côté que ces allégations ougandaises ne sèment l’ambiguïté dans les relations entre les deux pays, elles se promettent donc de faire la lumière rapidement sur cette situation. Dans les discours sécuritaires congolais comme ougandais depuis plusieurs années, on explique l’instabilité, l’insécurité et la violence autour du Ruwenzori par la présence de « terroristes djihadistes » des ADF qui, eux, continuent à se murer dans un silence inédit.

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