RD Congo – Beni : Une étude sur les ADF réfute la thèse d’une présence djihadiste en RDC. [RELIRE]

Parue il y a un mois, relisez la recherche menée par Kristof Titeca et Daniel Fahey sur les ADF en République Démocratique du Congo.


« Les multiples facettes d’un groupe rebelle : Les Allied Democratic Forces en République Démocratique du Congo ». C’est le nom de la recherche menée par Kristof Titeca et Daniel Fahey, rendue publique ce vendredi 30 septembre, qui met sérieusement à mal la version officielle sur la situation dans le territoire de Beni, selon laquelle des activistes djihadistes seraient les auteurs des tueries de masses perpétrées contre la population.

MONUSCO Beni

Au sujet des attaques attribuées aux ADF à Beni, deux grandes versions contradictoires s’affrontent en RDC. Alors que le gouvernement et la MONUSCO se déclarent en guerre contre le terrorisme islamiste, de nombreuses voix au sein de la société civile, l’opposition, ainsi que différentes études réalisées, y voient plutôt l’oeuvre d’une sorte de coalition du mal qui a tout intérêt à ce que le chaos perdure à l’Est du pays. « L’armée, nos politiques, l’Ouganda, le Rwanda, la MONUSCO… on ne sait plus qui fait quoi dans cette histoire des ADF », nous confie ainsi un imam du Nord-Kivu, réagissant aux arrestations de personnalités musulmanes locales, soupçonnées de recruter des jeunes pour rejoindre les rangs des ADF. Pour lui, comme pour les chercheurs auteurs de l’étude publiée hier, l’idée d’une présence de combattants djihadistes au Congo est une fausse piste promue par le gouvernement et suivie aveuglément par les services de renseignements défaillants de la MONUSCO.

« Entre octobre et décembre 2014, une série de massacres tuant plus de 250 personnes a eu lieu dans le territoire de Beni, au nord-est de la RDC, près de la frontière avec l’Ouganda, rappellent ainsi Kristof Titeca et Daniel Fahey. Le gouvernement congolais et la MONUSCO ont rapidement identifié un groupe rebelle ougandais, appelé les Allied Democratic Forces (ADF), comme seul coupable, en dépit de solides éléments indiquant l’implication d’autres acteurs, y compris de soldats congolais ». Dans cette étude, les chercheurs entendent « démontrer comment et pourquoi les différents acteurs » ont instrumentalisé la question des ADF, et ce que les différentes accusations émises contre ce groupe « nous disent sur les motivations politiques et économiques de chaque acteur ».

Les « acteurs » évoqués ici ne sont autres que les gouvernements congolais, ougandais, et la MONUSCO, tour à tour passés au crible dans cette étude, dont nous avons choisi certains extraits. (Lire la suite)

Shabaab
Combattants Shabaab en Somalie