RD Congo – Société : « Les enfants sont les premiers à souffrir du divorce ». [CONTRIBUTION]

Article rédigé par Nurah Ramazani, contributrice à Kinshasa.

Dieu a établi des règles, des obligations que les musulmans doivent respecter en s’alignant sur les enseignements du Messager Muhammed (paix et bénédictions de Dieu sur lui), parmi lesquelles les bons rapports dans le mariage; car le mariage est un lien sanctifié, qui ne saurait être brisé sauf cas de force majeure (la mort). À côté de cela, le divorce n’est généralement pas vu d’un bon œil en islam, dans le sens où les couples sont encouragés à explorer toutes les voies de conciliation possibles chaque fois que leur mariage est en danger. Notre religion offre aux couples un certain nombre de conseils pour éviter d’en arriver au divorce en cas de crise, mais s’il devait tout de même devenir inévitable, alors l’islam invite à une séparation à l’amiable.

Photo: Hippolyte
Photo: Hippolyte

Car ce sont les enfants qui paient directement les conséquences d’un divorce douloureux, et c’est sur ce point que je voudrais insister. Si l’épreuve du divorce est en elle-même déjà assez difficile à vivre pour les enfants, une séparation conflictuelle, voire violente, a un impact plus dramatique encore sur eux. On voit des conflits au sujet de la garde d’enfants, qui perturbent les petits, pris entre deux feux, qui ne savent plus chez qui aller vivre, et qui voient leur idéal de vie, au sein d’une famille unie, voler en éclats. Cela pose également le problème des familles recomposées, où des enfants peuvent être favorisés au détriment d’autres, ou pire encore, où la belle-mère rejette les enfants de son mari, en les accusant d’être des sorciers, des « enfants du malheur ». C’est ainsi qu’on retrouve dans nos rues tous ces enfants abandonnés, sans plus aucun repère familial, perturbés, agressifs, et parfois sujets à des troubles psychologiques. On en voit même certains quitter d’eux-mêmes les foyers où les conflits sont habituels, ils préfèrent vivre loin des tensions familiales, soit chez des étrangers, ou même dans la rue. De plus, ces enfants, même lorsqu’ils sont pris en charge dans des organismes ou des orphelinats, ne bénéficient que très rarement d’un suivi pédopsychologique adapté, et c’est un véritable fléau à Kinshasa.

Moi, j’invite tous les parents à mieux prendre en considération le sort de l’enfant, avant de décider de divorcer. J’aimerais que les parents fassent un choix qui aille dans le sens du bien-être de l’enfant, de son épanouissement, et si possible, de son droit à vivre au sein d’une famille aimante et unie.