RD Congo – Société : Le mariage islamique comme réponse au tribalisme.

Si les mariages se réalisent encore majoritairement au sein de mêmes cercles tribaux, ils permettent de plus en plus des unions interrégionales qui enrichissent la communauté musulmane congolaise.

Mariage Bukavu

Bien entendu, il est plus naturel et parfois même recommandé, d’épouser quelqu’un de sa contrée, de sa tribu, histoire de maintenir en vie les coutumes et traditions locales, après s’être assuré de de la bonne compatibilité religieuse entre les prétendants. Parler le même dialecte, partager un héritage commun, et accessoirement, faire plaisir aux parents, sont autant de points positifs qui ne vont nullement à l’encontre de la Sunna, à condition que cela n’en devienne pas une obsession ultime motivant tout refus d’ouverture et le rejet systématique de tout prétendant appartenant à une autre ethnie. Car les textes et injonctions islamiques à ce sujet sont clairs, comme le rappelle le hadith bien connu :

D’après Abu-Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et son salut soient sur lui) a dit: « Si se présente à vous celui dont vous êtes satisfait de sa religion et de son comportement alors mariez-le. Si vous ne le faites pas cela va entraîner le désordre sur la terre et une grande perversion ». (Rapporté par Tirmidhi et authentifié par Shaykh Al-Albani dans Ghayatoul Maram n°219)

Du conservatisme, donc, mais pas à outrance, afin de ne pas contrevenir à l’objectif de la variété des peuples voulue par le Créateur et évoquée dans le Saint-Coran : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur. » (sourate Les Appartements, verset 13)

En République Démocratique du Congo, de plus en plus de familles musulmanes tolèrent sans la moindre retenue le brassage culturel permis par le mariage de leur enfant avec un(e) coreligionnaire(e) d’une ethnie différente. Cette ouverture, qui se réalise aussi au gré des mouvements migratoires et de la présence de groupes ethniques minoritaires loin de leurs régions d’origine, facilite la connexion entre des peuples différents, unis par le désir de voir s’établir une communauté musulmane forte, partageant un amour commun de la chère « terre des ancêtres ».