International – Birmanie : Un génocide qui dévoile le vrai visage de Satan.

Portée aux nues par la communauté internationale, la pseudo-sainte de la liberté a vu son statut d’icône s’effondrer sous le poids d’un silence complice face au génocide des Rohingyas.

Aung San Suu Kyi_

L’icône déchue.

Des villages entièrement rasés, incendiés avec leurs habitants, quand ces derniers ne sont pas exécutés sommairement après que leurs femmes et leurs filles aient été violées, de préférence sous leurs yeux. Forcés à l’exil et indésirables dans la plupart des pays voisins, pourtant supposés « frères », le sort des Rohingyas ne semble pas émouvoir le moins du moins l’ancienne égérie démocrate et Prix Nobel de la Paix. Comprenez, longtemps affublée des qualificatifs les plus élogieux et promise à une destinée messianique, Aung San Suu Kyi se perçoit-elle peut-être comme bien trop pure pour se mêler d’affaires de massacres et de génocide, de bains de sang ne concernant finalement que des musulmans. Car aux yeux de cette Jeanne d’Arc de pacotille, la minorité musulmane birmane, qui à ce rythme sera bientôt proche de l’extinction, ne mérite pas qu’on s’attarde sur son sort, ni même qu’on s’exprime sur sa condition.

Une soif de pouvoir étalée au grand jour .

Chaque fois qu’elle aura été interrogée sur la question, elle aura botté en touche. Questionnée sur son silence par la journaliste de la BBC Mishal Husain, Aung San Suu Kyi répondra qu’elle « ne savait pas qu’elle allait être interviewée par une musulmane ». Élégant. Les musulmans birmans, eux, l’ont toujours soutenue pendant ses 25 années de lutte contre la junte militaire au pouvoir, et s’étonnent aujourd’hui de ne pas la voir renvoyer l’ascenseur. Ancien symbole d’espoir et de paix, celle qui est aujourd’hui conseillère spéciale de l’État et porte-parole de la Présidence, symbolise désormais le vrai visage de Satan aux yeux de milliers de Rohingyas.

« Aung San Suu Kyi et son parti pensent que, si elle exerce son autorité morale pour évoquer les droits des Rohingyas et des autres musulmans en Birmanie, ils vont perdre des voix, expliquait avant la victoire électorale du LND (Ligue Nationale pour la Démocratie) Phil Robertson, directeur adjoint de l’ONG Human Rights Watch en Asie. Il n’est pas exagéré de dire qu’Aung San Suu Kyi est une déception. »

À l’image du Dalaï-Lama, qui espérait voir Aung San Suu Kyi se mobiliser pour la cause des Rohingyas, tous ceux qui attendaient d’elle qu’elle se fasse réellement la porte-voix des opprimés, ne peuvent que constater la faillite totale d’une femme avide de pouvoir et scandaleusement sourde, muette face à une épuration ethnique qui se déroule sous ses yeux.

L’ONU dénonce un « nettoyage ethnique ». 

Face à l’intensification des offensives de l’armée ces dernières semaines, et à l’afflux incessant de réfugiés aux portes des pays frontaliers, l’ONU a dénoncé l’opération de « nettoyage ethnique » engagée par la Birmanie contre les Rohingyas dans l’Etat de Rakhine. Directeur du Haut Commissariat pour les Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR), John McKissick a ainsi désigné les attaques lancées par l’armée birmane contre les villages habités par les musulmans, jetant 300 000 d’entre eux sur les routes périlleuses de l’exil.

Depuis de nombreuses années, plusieurs associations humanitaires islamiques dénoncent le génocide perpétré par l’armée birmane contre les Rohingyas. En France, la cause de cette minorité musulmane a notamment été médiatisée à travers l’emprisonnement de Moussa, jeune humanitaire qui avait été porter secours aux réfugiés birmans dans des camps au Bangladesh.

Sur les réseaux sociaux, les partages de photos et de vidéos, parfois à la limite du supportable, sur la situation des Rohingyas, ont contribué à sensibiliser le public sur une crise outrageusement snobée par la plupart des grands médias. Au sein de la communauté musulmane mondiale, certaines populations se montrent critiques vis-à-vis de leurs gouvernants, les incitant à faire preuve de solidarité envers les musulmans Rohingyas en rompant leurs relations avec l’Etat génocidaire birman. Vendredi dernier, plusieurs milliers de musulmans ont manifesté en Thaïlande, en Indonésie et au Bangladesh pour dénoncer le massacre des musulmans birmans. Pour l’heure, ni Aung San Suu Kyi, ni la communauté internationale, et encore moins les pays musulmans, ne se seront montrés à la hauteur du drame vécu par nos frères Rohingyas.

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