RD Congo – Nord-Kivu : Le M23 redevient la menace numéro 1 à l’Est de la RDC.

Vaincu et démantelé en 2013, le M23 a repris les armes et constitue à nouveau une menace pour la sécurité des habitants du Nord-Kivu, alors-même qu’une baisse significative des activités des présumés-ADF est observée à Beni depuis plus d’un mois.

M23 photo Sammy Mupfuni

Mussa Harerimana, jeune rwandais de 16 ans, combattant du M23 capturé suite aux récents accrochages entre les FARDC et le mouvement rebelle près de la frontière avec l’Ouganda. C’est ainsi que l’armée congolaise a présenté hier à la presse un trophée de guerre sensé personnifier la réalité d’une présence ennemie vivement remise en cause au sein de la population. Pourtant, il semble bel et bien que le M23 ait repris ses activités à l’Est de la République Démocratique du Congo. Alors que personne ne croyait à l’alerte lancée il y a deux semaines par le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, les événements se sont enchaînés les uns après les autres jusqu’au crash de deux hélicoptères des FARDC, survenu dans des circonstances particulièrement troubles vendredi dernier dans la région de Rutshuru. En conférence de presse hier, le commandant de la 3ème zone de défense, le Général-Major Léon Mushale a accusé Sultani Makenga, le chef militaire du M23, d’avoir capturé 4 militaires rescapés de ces hélicoptères, en tuant 3 après les avoir torturé. Selon lui, les deux hélicoptères se sont crashés en raison des mauvaises conditions météo, au pied du Mont Mikeno, soit tout près des positions du chef rebelle, qui aurait « incendié le matériel militaire ».

« Nous avons retrouvés quelques membres d’équipage victimes de ce crash, ils sont en train d’être débriefés, a déclaré hier le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, au micro de actualite.cd. D’autres sont recherchés. L’Etat-major n’a pas encore présenté un rapport définitif. Il est donc difficile que je vous donne des détails. Donc c’est un problème qui préoccupe au plus haut point le gouvernement. »

Lundi, c’est le Rwanda qui annonçait avoir capturé sur son sol 30 hommes se réclamant du M23. Il y a deux semaines déjà, c’est l’Ouganda qui indiquait avoir stoppé 101 ex-combattants du M23 qui tentaient de se rendre en RDC.