RD Congo – Beni : L’imam Ongala Baruani de Kisangani à son tour accusé de recrutement pour les ADF.

Après avoir condamné à mort les imams de Butembo, Hamza Baguma et Djibril Muhindo, la cour opérationnelle de Beni a entendu aujourd’hui un nouveau religieux musulman, l’imam Ongala Baruani, de Kisangani.

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Shaykh Ongala Baruani, imam de Kisangani.

 Cela fait un peu plus d’un mois que l’imam de Kisangani a été arrêté et transféré à Beni. Accusé par le ministère public d’agir en tant que recruteur pour les présumés-islamistes des ADF, Shaykh Ongala Baruani a comparu dans le cadre du procès des rebelles auteurs présumés des massacres à Beni et Lubero depuis plus de deux ans. Il a été sommé par le lieutenant-général Mukutu Kiyana de répondre aux accusations de recrutement de jeunes hommes musulmans à qui il fournissait des « feuilles de route » pour rallier le territoire de Beni sans être arrêtés. D’après la radio Kivu1, l’imam a été invité à s’expliquer sur un document de recommandation signé en faveur d’un certain Jean-Pierre Limeta, lui permettant de s’inscrire dans une école coranique de Zanzibar. Sauf que le jeune homme a été retrouvé par les militaires à Beni, où il a été arrêté avant d’être lui aussi envoyé sur le banc des accusés de la cour militaire. Pour sa défense, Shaykh Ongala Baruani a crié au complot en déclarant que la signature figurant sur le document n’était pas la sienne.

Depuis l’automne 2016, une vague d’arrestations et de condamnations frappe les élites musulmanes de l’Est du pays, soupçonnées de connivence avec les présumés-ADF. Si les imams Shaykh Nuru Djamanda de Butembo et Idrissa Muzzammil de Goma ont été libérés et mis hors de cause après des semaines d’incarcération, Hamza Baguma et Djibril Muhindo ont eux été condamnés à mort avant d’être transférés, le mois dernier, à Lisala, dans l’ex-province de l’Equateur. A chaque fois, les imams accusés auront clamé leur innocence et auront bénéficié du soutien total de leurs fidèles.