RD Congo – Procès de Beni : Du personnel humanitaire accusé d’avoir collaboré avec les ADF.

Après les imams, les politiques et les officiers FARDC, ce sont les humanitaires qui sont ciblés dans le procès qui se tient actuellement à Beni sur les massacres attribués aux ADF. Hier, une prévenue a accusé des membres d’ONG de connivence avec les rebelles ougandais.

Tribunal-Militaire

Au fur et à mesure que « renseignants » et prévenus se succèdent à la barre, le champ des responsabilités dans les événements tragiques de Beni semble s’élargir chaque fois un peu plus. Si dans un premier temps, les imams de plusieurs régions du Nord-Kivu ont été désignés comme les idéologues et les complices des « djihadistes » des ADF, les accusations se sont rapidement étendues vers des cibles politiques, militaires, et enfin humanitaires.

Hier, la prévenue Sarah Wewa-Shengwa a désigné quatre intervenants auprès de l’ONG Save the Children, qui devraient prochainement comparaître au tribunal opérationnel militaire de Beni. Selon la radio-télévision Rwanzururu-Beni, ces humanitaires auraient d’ores et déjà été interpellés et ils seraient actuellement auditionnés par les forces de sécurité à Beni. Les noms des personnels en question n’ont pas été divulgués pour le moment, les services de renseignements craignant que d’autres humanitaires suspectés n’en profitent pour quitter le pays.

D’abord entendue comme « renseignante », Sarah Wewa-Shengwa œuvraient elle-même au sein d’organisme humanitaires, activité qui lui aurait permis d’entrer en contact avec les ADF. Elle est accusée d’avoir usé de sa fonction pour collaborer avec les rebelles en leur fournissant des médicaments ainsi que des informations sur les forces en présence à Beni.