RD Congo – Procès de Beni : Un prêtre assomptionniste soupçonné de collaborer avec les ADF.

C’est un ancien prêtre de la paroisse de Mbau (territoire de Beni), Père Augustin Sirimirwa, qui est désormais accusé par le Ministère Public de collaboration avec les ADF. Hier, il a été entendu par le tribunal militaire opérationnel à Beni.

Tribunal Militaire

Dans la nuit du vendredi au samedi 20 octobre 2012, trois prêtres assomptionnistes disparaissaient dans leur couvent de Mbau, en territoire de Beni. Les Pères Jean-Pierre Ndulani, Edmond Kisughu et Anselme Wasukundi, dont les corps n’ont jamais été retrouvés, étaient enlevés par des hommes armés, rapidement identifiés comme des éléments des ADF.

La semaine dernière, face à la cour militaire, c’est un ancien membre du groupe armé, le prévenu Bolembo Radjabu, qui reconnaissait sa participation dans l’opération contre les prêtres en expliquant que les motivations de l’enlèvement étaient avant tout financières. D’après lui, les religieux avaient intercepté un colis d’argent destiné aux ADF, livré par hélicoptère en provenance de Kamango, tout en refusant de le restituer à leurs destinataires d’origine. Bolembo Radjabu a également assuré que le commanditaire de l’opération était le Mwami Saambili, autorité de la chefferie de Watalinga, dans le territoire de Beni, qui serait lui aussi impliqué dans cette affaire d’argent. Niant les accusations portées contre lui, le chef coutumier soupçonnerait pour sa part la MONUSCO d’être à l’origine de l’envoi d’argent à destination des ADF.

Hier, l’accusation s’est donc portée sur le Père Augustin Sirimirwa, à qui le Ministère Public reproche d’avoir livré ses 3 collègues aux ADF en guise de compensation pour l’argent que les religieux devaient au groupe armé. Le prêtre assomptionniste a catégoriquement rejeté ses accusations.

Désigné comme islamiste par les autorités, le mouvement rebelle Ougandais des ADF sème la terreur depuis plusieurs années dans le territoire de Beni, où il serait l’auteur des massacres commis contre la population depuis octobre 2014. Loin des revendications djihadistes classiques, ce groupe armé est continuellement soupçonné de bénéficier de la complicité d’autorités politiques et coutumières locales, ainsi que du concours de certains officiers des FARDC.