Islam – Ramadan : Le mois béni de la révélation du dernier Livre Saint.

Le mois du jeûne et du Coran, des adorations multipliées et des veillées en prière. À quelques heures du début du mois de ramadân, intéressons-nous à l’événement central célébré à travers le quatrième des cinq piliers de l’islam : la révélation du dernier Livre Saint à l’Humanité.

quran

« Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens et preuve claire de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Allâh veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allâh pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ». (soûrate Al-Baqarah, verset 185)

Nous sommes en 610 après Jésus-Christ. La Mecque est une cité grouillante, en perpétuel mouvement. C’est un grand marché où les périodes de pèlerinage donnent lieu à un afflux de milliers d’adorateurs des divinités locales exposées sur le site de la Kaaba. Si les Arabes ont bel et bien connaissance du Dieu unique, en l’honneur duquel le Prophète Ibrahim a bâti le célèbre édifice cubique, ils lui assignent des centaines de divinités statufiées, leur dédiant dons et sacrifices.

Issu du clan des Banu-Hâshim, à qui revient l’honneur d’abreuver les pèlerins, Muhammed Ibn-Abdillâh ﷺ vit en marge de cette frénésie spirituelle et commerciale. Appelé à jouer un rôle unique dans l’Histoire de l’humanité, son destin va basculer en quelques semaines seulement, comme va le conter son épouse ‘Aïcha, dans le hadith numéro 3 rapporté par l’imam Al-Bukhâri dans son Sahih.


‘Aïcha, la mère des Croyants, a dit : « La Révélation débuta chez le Prophète ﷺ par de pieuses visions qu’il avait pendant son sommeil. Pas une seule de ces visions ne lui apparut sinon avec une clarté semblable à celle de l’aurore. Plus tard, il se prit à aimer la retraite. Il se retira alors dans la caverne de Hirâ, où il se livra au tahannouth, c’est-à-dire à la pratique d’actes d’adoration durant un certain nombre de nuits consécutives, sans qu’il revînt chez lui ; aussi se munissait-il à cet effet de provisions de bouche. Ensuite il revenait vers Khadîdja et prenait les provisions nécessaires pour une nouvelle retraite. Cela dura jusqu’à ce que la Vérité lui fut enfin apportée dans cette caverne de Hirâ.

« L’ange vint alors le trouver et lui dit : « Lis ! —Je ne suis « point de ceux qui lisent », répondit-il. L’ange me saisit aussitôt, raconta le Prophète ; il me pressa au point de me faire perdre toute force et me répéta ce mot : « Lis ! — Je ne suis point de ceux « qui lisent, » répliquai-je encore. Pour la troisième fois l’ange me saisit, me pressa au point de m’enlever toute force, puis me lâcha en disant : « Lis : au nom de ton Seigneur qui a créé. — Il a créé « l’homme de sang coagulé. — Lis : et ton Seigneur est le très « généreux » (sourate 96, versets 1, 2 et 3).

« En possession de ces versets, le cœur tout palpitant, le Prophète rentra chez Khadîdja-bint-Khuwaylid et s’écria : « Enveloppez-moi ! « Enveloppez-moi ! » On s’empressa de le tenir enveloppé jusqu’au moment où son effroi fut dissipé. Alors, s’adressant à Khadîdja, il la mit au courant de ce qui s’était passé, puis il ajouta : « Ah ! j’ai cru que j’en mourrais ! — Non pas ! répondit Khadîdja. Certes jamais Dieu ne t’infligera d’affronts ; car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les victimes des vicissitudes du droit. »

« Ensuite Khadîdja emmena Mohamed chez Waraqa Ibn Nawfal Ibn Asad Ibn ‘Abd-Al-‘Ozza. Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîdja, avait embrassé le christianisme aux temps antéislamiques. Il savait tracer les caractères hébraïques, et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivit. A cette époque il était âgé et était devenu aveugle : « Ô mon cousin, lui dit Khadîdja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère. – Ô fils de mon frère, répondit Waraqa, de quoi s’agit-il ? » Le Prophète raconta alors ce qu’il avait vu. « Cet ange, dit Waraqa, c’est le Confident que Dieu a envoyé autrefois à Moïse. Plût à Dieu que je fusse jeune en ce moment ! Ah ! que je voudrais être encore vivant à l’époque où tes concitoyens te banniront ! – Ils me chasseront donc, s’écria le Prophète ? – Oui, reprit Waraqa. Jamais un homme n’a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t’aiderai de toutes mes forces. » Après cela Waraqa ne tarda pas à mourir, et la Révélation fut interrompue. »

Parlant de cette interruption, Djâbir Ibn ‘Abdellah-El-Ansari rapporte la tradition suivante : « Tandis que je marchais, dit le Prophète, j’entendis une voix qui venait du ciel. Levant alors les yeux, j’aperçus l’ange qui était venu me trouver à Hirâ ; il était assis sur un trône entre le ciel et la terre. Effrayé à cette vue, je rentrai chez moi en criant : « Enveloppez-moi ! enveloppez-moi ! » Alors Dieu me révéla ces versets : « Ô toi qui es enveloppé, lève-toi et menace du châtiment » (sourate 74, versets 1 et 2), et continua jusqu’à ces mots : « Et l’idolâtrie, fuis-là » (sourate 74, verset 5). Après cela la Révélation reprit avec ardeur et continua sans interruption. »


Cette rencontre majestueuse entre le Prophète Muhammed ﷺ et l’Archange Djibril a eu lieu dans les 10 derniers jours du mois de Ramadân, au cours de la nuit du Destin (Al-Qadr). Mise en valeur et célébrée par Allâh dans le Coran, cette nuit bénie équivaut à mille mois d’adoration pour quiconque s’y consacre à son Seigneur jusqu’à l’aube.

« Nous l’avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’Al-Qadr ? La nuit d’Al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube ». (soûrate Al-Qadr, versets 1 à 5)

À chaque Ramadân, les musulmans du monde entier cherchent à faire coïncider leurs nuits d’adoration avec la nuit du Destin, dont beaucoup pensent abusivement qu’elle se situe la nuit du 27. Pourtant, dans les récits prophétiques, le Messager d’Allâh ﷺ laisse le champ largement ouvert pour la recherche de cette nuit dont on sait qu’elle tombe l’un des derniers jours impairs de Ramadân. En étudiant les différents ahadith cités ci-dessous, certains savants ont même émis l’hypothèse selon laquelle la nuit du Destin pouvait changer d’une année à l’autre.

D’après Aicha (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Cherchez la nuit du destin dans les nuits impaires des dix derniers jours de Ramadan ». (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°2017 et Mouslim dans son Sahih n°1169)

D’après Abdallah Ibn Omar (qu’Allah les agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Cherchez la nuit du destin dans les sept dernières nuits ».
(Rapporté par Mouslim n°1165)

D’après Abdallah Ibn Ounays (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Cherchez la nuit du destin la 23e nuit ». (Rapporté par Tabarani et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°2923)

D’après Abdallah Ibn Omar (qu’Allah les agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Cherchez la nuit du destin et celui qui la cherche, qu’il la cherche la 27e nuit ». (Rapporté par Ahmed et authentifié par cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°2920)


Ainsi révélé, le dernier Livre Saint va alimenter le quotidien des croyants qui auront foi en lui, jusqu’au Jour Dernier. Les obligations, les permissions, les interdits, les récits des Prophètes et des peuples disparus, l’épopée du Prophète Muhammed ﷺ, l’affirmation de l’unicité de Dieu et la négation de toute autre divinité que Lui, le Coran constitue ce livre miraculeux aux versets à la rythmique surnaturelle. Par le jeûne, et donc le sacrifice de ses besoins naturels, les musulmans sont appelés à se surpasser en atteignant les moyens de se conformer au mieux à ce Livre incomparable, qui demande à ce que la croyance soit confirmée par les actes.