Actu – RDC : Sadr Mondo Moussa (« kabilistes musulmans ») explique son soutien à Joseph Kabila.

Cela fait plusieurs mois maintenant qu’il défraie la chronique avec son « Association des kabilistes musulmans », une aile du PPRD, le parti au pouvoir, occupée par quelques adhérents musulmans. Lui, c’est Sadr Mondo Moussa, l’un des leaders de l’islam chiite en RDC. À la tête du mouvement controversé, il est vivement critiqué au sein de la communauté pour le soutien indéfectible qu’il accorde au très contesté président de la République, Joseph Kabila. Il y a quelques jours, l’intéressé a tenu à s’expliquer. Morceaux choisis.

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Sadr Mondo Moussa (à l’extrême-gauche) avec Henri Mova (à droite), secrétaire général du PPRD

Un imam musulman a-t-il sa place au sein du PPRD ?

« Je conçois que ça puisse être étonnant, un imam au sein du PPRD, ça a de quoi étonner. Mais dans notre pays, il y a la démocratie, raison pour laquelle on l’appelle la République Démocratique du Congo. Donc il y a des partis politiques, nous sommes dans un système où il y a libéralisation des partis politiques, et le PPRD est le parti présidentiel, c’est le parti-phare de la majorité présidentielle, et le président de la République, le frère Joseph Kabila Kabange en est l’initiateur alors que le professeur Henri Mova Sakanyi en est le secrétaire général. »

« En tant que musulmans, l’islam nous invite à nous intéresser à l’actualité du pays. Nous devons respecter les normes et les institutions du pays où nous vivons. En tant que musulmans Congolais, nous avons nous aussi le droit de voter, de donner notre opinion et notre vision sur la politique. On ne peut pas se contenter de réclamer du changement par la rue. Le changement s’obtient sur l’échiquier politique, il faut donc s’impliquer en politique. Moi j’ai choisi le PPRD pour son projet de société, pour la vision du frère Kabila. »

Quel est l’intérêt de soutenir Joseph Kabila, qui n’est même pas musulman ? 

« Bien-sûr, le chef de l’Etat n’est pas musulman mais… son poste est une fonction d’Etat, et je vais en profiter pour donner un conseil à certains, mais lorsqu’on arrive à cette haute fonction, dans un pays laïque comme le nôtre, il va falloir se surpasser pour encadrer les gens correctement. Les dirigeants politiques, qu’ils soient catholiques ou protestants, ne doivent avoir aucun penchant pour les gens de telle ou telle obédience lorsqu’ils sont au pouvoir. »


Retrouvez l’intégralité de l’entretien accordé par Sadr Mondo Moussa (en lingala) :