Actu – MONUSCO : « Les conditions de sécurité se sont encore dégradées en de nombreux endroits » de la RDC.

Dans un rapport publié aujourd’hui sur son compte Twitter, la MONUSCO, la mission des Nations Unies en RD Congo, a dressé un état des lieux de la situation sécuritaire dans le pays.

MONUSCO Beni Dans un contexte de regain de violences dans le territoire de Beni, avec le retour des combattants présumés des ADF, l’ONU, qui vient de perdre deux casques bleus dans des affrontements contre ces rebelles dans le Nord-Kivu, a fait le point sur les différents foyers d’insécurité en République Démocratique du Congo. En plus de Beni et de tout le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Kasaï, le Tanganyika et même le Kongo-Central, figurent dans ce rapport décrivant les forces en présence et l’action de la MONUSCO contre la prolifération des groupes armés sur le territoire national.

À noter qu’au Congo, nombreux sont ceux qui soupçonnent ouvertement le pouvoir d’entretenir un chaos généralisé de manière à repousser toujours plus le calendrier électoral. Considéré comme hors-mandat depuis décembre 2016, le président de la République Joseph Kabila n’a, constitutionnellement, plus la possibilité de postuler à la fonction suprême une troisième fois.


Extrait du rapport de l’ONU rendu public ce mercredi 11 octobre 2017 :

« 15. Sur fond de transition politique incertaine et complexe, les conditions de sécurité se sont encore dégradées en de nombreux endroits de la République démocratique du Congo, où l’on a observé, en particulier, que les groupes Maï-Maï avaient de plus en plus tendance à s’en prendre aux forces de sécurité, principalement les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Dans le Nord-Kivu, ces groupes ont multiplié les assauts contre des positions des FARDC, au cours de la période considérée, alors que les violences se poursuivaient entre Hutus et Nandes. Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont elles aussi tenté de s’emparer de certaines positions des FARDC. Dans le Sud-Kivu, des groupes Maï-Maï ont organisé des attaques contre des soldats des FARDC dans plusieurs endroits stratégiques, à la fin du mois de juin. Dans la province du Tanganyika, les accrochages entre milices Twa et Louba ont repris dans le contexte d’une possible résurgence des Maï-Maï Kata-Katanga et de nouvelles scissions entre les différentes factions de la milice Twa. La partie occidentale du pays est également restée instable, avec notamment un affrontement majeur entre la secte politico-religieuse Bundu Dia Mayala et les forces de sécurité à Kinshasa et dans le Kongo central, et des violences sporadiques dans les trois provinces de la région du Kasaï, notamment entre la milice Kamuina Nsapu et les forces de sécurité, de même qu’entre milices ethniques.

16. La situation est demeurée préoccupante dans certaines régions frontalières de la République démocratique du Congo, où des groupes armés sud-soudanais auraient pris position à la frontière entre la province du Haut-Uélé et le Soudan du Sud, tandis que l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) aurait fait une incursion dans le nord-est de l’Ituri à la fin du mois d’août. Dans le même temps, des réfugiés fuyant la République centrafricaine et le Soudan du Sud ont continué d’affluer en République démocratique du Congo. La situation dans la province du Kasaï a également contribué aux mouvements de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo et à destination de l’Angola, avec quelques retours spontanés. »


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