[CULTURE] : Le livre « Salah Ad-Dîne Al-Ayyûbi, l’épopée du roi victorieux » met à l’honneur Jérusalem et la spiritualité du héros de l’islam.

Annoncée il y a quelques semaines par les éditions Al-Bayyinah, la sortie du second volet de la série dédiée aux Héros de l’Islam est intervenue ce 3 janvier. Pour le plus grand plaisir de leurs lecteurs, les éditeurs ont consacré cet ouvrage  au célébrissime Salâh Ad-Dîne Al-Ayyûbi, communément appelé « Saladin », conquérant de la terre sainte de Jérusalem.


Les pages en papier glacé de ce livre orné de tableaux et de cartes nous plongent d’entrée de jeu dans les revendications guerrières et spirituelles suscitées par le statut particulier de la ville sainte de Jérusalem. Ces velléités, qui datent de l’occupation de la cité par les Romains, ce sont elles qui vont motiver les Croisades qui animeront le Proche-Orient médiéval des années durant. Au cœur d’un Empire byzantin qui n’aura eu de cesse de s’agrandir, de même que les conquêtes musulmanes de l’Andalousie à l’Asie, les musulmans affichent une opulence et une puissance qui fait alors d’eux les maîtres des lieux saints de Jérusalem. Juifs, chrétiens, musulmans, chaque groupe confessionnel va faire de la cité son objectif, la pièce manquante à sa plénitude spirituelle. « Pour les juifs, il y a plus de 3000 ans, la ville a été la terre de leurs aïeux et le lieu de leur exode. Elle a abrité aussi les grands temples des Prophètes et notamment celui de Salomon (Sulayman). Pour les chrétiens, c’est la terre que Jésus le Messie a foulée et le lieu où il a été supplicié sur la croix jusqu’à la mort pour assurer le salut des Hommes (…). Pour les musulmans, c’est l’endroit qui abrite la troisième mosquée la plus importante de l’islam, Al-Aqsâ, qui a vu le Prophète Muhammad s’élever au-delà des cieux, lors de l’Ascension, à la rencontre d’Allâh ».

Une fois l’enjeu planté, à savoir le contrôle d’une Jérusalem disputée par les trois grandes religions, le livre va peu à peu faire apparaître les personnalités de premier plan qui ont rythmé toute la période des Croisades. Godefroy de Bouillon, un Franc qui sera l’un des premiers à répondre à l’appel du pape Urbain II à aller se battre à Jérusalem, est l’un des personnages les plus présents dans ce livre. De la même manière, Guy de Lusignan, roi de Jérusalem de 1186 à 1192 et bien évidemment le roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion, sont tous présentés aussi bien sous leurs côtés sombres que sous leurs visages les plus nobles. C’est au-dessus de ces personnages historiques que le livre place la personne de Salâh Ad-Dîne. Connu pour ses prouesses militaires et son génie stratégique, le guerrier kurde nous est ici présenté sous une forme plus méconnue de sa personnalité : sa profonde religiosité. À plusieurs endroits de l’ouvrage, les éditeurs d’Al-Bayyinah détaillent l’engagement spirituel de Salâh Ad-Dîne, que l’on découvre tout aussi érudit et ascète que les grands doctes de l’époque.

« Il est très assidu à la prière en commun, si bien que lorsqu’il tombe malade, il convoque l’imam pour qu’il dirige la prière et qu’il puisse l’accomplir en commun, peut-on ainsi lire. Il est assidu également dans les prières régulières (sunan al-rawâtib) et accomplit la prière nocturne ». Prières, zakât (aumône légale), jeûne, pèlerinage, Coran… tous les aspects de la spiritualité de Salâh Ad-Dîne sont tour à tour mentionnés, dans des proportions nouvelles pour un lecteur non averti.

Paru quelques semaines seulement après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis, le livre « Salâh ad-Dîne Al-Ayyûbi » est un hommage profond et apputé à la troisième ville-sainte des musulmans, ainsi qu’à l’un de ses plus illustres combattants victorieux sur ces terres bénies.


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