Politique : Colère des musulmans après l’appel des « kabilistes musulmans » à manifester près des églises catholiques.

Provocation, initiative dangereuse, folie, les réactions indignées ont fusé après l’annonce de l’alliance des kabilistes musulmans (AKAM) d’organiser des contre-manifestations avec des églises en point de chute, en réponse à la marche du 25 février initiée par les laïcs catholiques.

Sadr Mondo Moussa (à gauche), président de l'AKAM, en compagnie de Henri Mova (à droite), le président du PPRD.
Sadr Mondo Moussa (à gauche), président de l’AKAM, en compagnie de Henri Mova (à droite), secrétaire général du PPRD.

C’est le 20 février que Sadr Monda Moussa, le président de l’AKAM, a diffusé un communiqué annonçant la mobilisation de son mouvement pour la date du 25 février, au cours de laquelle l’opposition, menée par le comité laïc de coordination et les catholiques, a prévu de marcher pacifiquement pour réclamer le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre et une alternance politique sans Joseph Kabila. Liée au PPRD, le parti présidentiel, l’AKAM fera donc partie des quelques contre-manifestants qui feront face aux marcheurs catholiques.

Du côté des fidèles musulmans, mais surtout des institutions officielles de l’islam, on a immédiatement fait bloc pour se désolidariser de l’initiative solitaire de l’AKAM, en rappelant que ce mouvement ne représentait pas grand monde et n’était qu’une marionnette utile du parti au pouvoir. « Le monsieur n’a aucun soutien de la COMICO, moins encore de l’ensemble des musulmans », a ainsi déclaré Shaykh Ali Mwinyi Mkuu au sujet de Sadr Mondo Moussa. « Ces gens sont dangereux pour la communauté musulmane de la RDC. Alors que musulmans et chrétiens vivent en harmonie, ils veulent déclencher un conflit qu’ils ne sauront arrêter, a pour sa part déclaré Youssouf Djibondo, président de l’association d’assistance charitable en RD Congo (AACRD Congo). « Ils ne feront que causer beaucoup de tort à la nation. Nous sommes contre cette marche provocatrice. Qu’ils utilisent le nom de leur parti mais qu’ils cessent d’utiliser le nom des musulmans pour des fins politiques dont nous sommes loin. »

Coutumière des actions de soutien à Joseph Kabila, l’AKAM est accusée par la communauté d’instrumentaliser le statut des musulmans congolais à des fins politiques. En choisissant des églises catholiques comme point d’arrivée à ses marches, beaucoup craignent que des affrontements interconfessionnels n’éclatent, ce qui porterait forcément préjudice aux musulmans, qui ne constituent qu’une minorité en République Démocratique du Congo.


 

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