[INSIDE] Kinshasa : Au plus près de l’imam Mustaphat Tutu.

A tout juste 27 ans, le jeune imam Mustaphat Tutu s’affirme comme la relève de la prédication islamique à Kinshasa, alors que les anciens sont empêtrés dans d’interminables conflits de pouvoir.

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Sur les réseaux sociaux, le jeune imam s’est fait connaître à l’échelle nationale à l’approche des élections présidentielles, fin 2018, à travers des vidéos abordant de front les enjeux politiques en République Démocratique du Congo. A l’époque, beaucoup craignaient pour la sécurité de ce prédicateur intrépide, qui n’hésitait alors pas à critiquer le pouvoir en place et à inciter les responsables musulmans à peser davantage dans la destinée politique du pays. Friand de Facebook et de WhatsApp, Mustaphat Tutu s’est de nouveau signalé en début d’année à travers une série de vidéos où il apparaissait en train de délivrer des conseils au nouveau président, Félix Tshisekedi, et à l’ensemble de la classe politique congolaise.

Officiant à la mosquée Hocine, au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete, l’imam Mustaphat Tutu est né dans la capitale congolaise, d’une famille polygame originaire du Bandundu. S’il a réalisé une grande partie de son cursus islamique à Kinshasa-même, auprès de la communauté indienne solidement installée dans la capitale, il a également poursuivi ses études en Egypte, dans la célèbre université d’Al-Azhar au Caire. Avant de rentrer au Congo, Mustaphat Tutu a complété son bagage spirituel au Bénin, et il se définit depuis comme spécialisé dans le domaine de la médecine prophétique. En plus de sa prédication et des cours qu’il délivre dans sa mosquée, il est actif au sein de l’association de l’Union des jeunes congolais (UJC), qui rassemble des jeunes issus de plusieurs confessions, amenés à débattre sur l’impact du fait religion dans la société congolaise.

Parfaitement arabophone et francophone, Mustaphat Tutu est également connu pour son implication dans la recherche d’une résolution au conflit opposant les imams de Kinshasa depuis près de deux ans, avec une frange partisane du mufti Shaykh Zaidu Amani Ngongo, et l’autre restée fidèle au comité directeur de la COMICO. Respecté par ses pairs, le jeune imam est devenu aujourd’hui l’une des personnalités les plus en vue du microcosme islamique kinois. Reste désormais à savoir quel rôle il pourra concrètement jouer dans le développement de l’islam à Kinshasa et au-delà ainsi que dans le renouveau d’une communauté qui peine à concrétiser son essor.