Actu : Décès de l’imam Abdallâh Bankita

Partagée très tôt sur les réseaux sociaux, la triste nouvelle a rapidement été confirmée par la famille de l’imam Abdallâh Bankita, qui a annoncé son décès, survenu cette nuit « des suites d’une courte maladie ».

Au sein de la communauté musulmane congolaise, l’imam Abdallâh Bankita est reconnu comme l’un des précurseurs d’une nouvelle forme de prédication islamique utilisant la science des religions comparées. Co-fondateur du groupe de prédication « Al-Badrou » en compagnie du Docteur AbdulMadjid Kasogbia, l’imam a dédié sa vie à l’apprentissage et à la propagation du message de l’islam sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. Originaire du Kongo-Central, il fut notamment l’un des premiers imams à engager le dialogue avec les communautés kimbanguistes locales ainsi que les adeptes des religions traditionnelles.

Extrait du témoignage de l’imam Abdallâh Bankita recueilli dans « Allâh, la Patrie, les Ancêtres » (2017, Dunia Kongo Media)

« Ce groupe a été créé dans le but de faire comprendre l’islam aux gens. Il n’y avait que quatre personnes au démarrage de ce groupe. C’était à l’initiative du docteur AbdulMadjid Kasogbia, car avant cela, nous évoluions dans le groupe Ad-Da’wa. Il a constaté que dans ce groupe, nous prêchions l’islam, mais qu’il fallait que nous fassions en sorte de faire comprendre aux gens des autres confessions le message de l’islam. C’est vrai qu’il y avait un certain nombre de questions posées et il a voulu former un groupe spécial pour affronter les chrétiens et répondre à toutes ces questions que les gens se posaient sur l’islam. C’est comme cela que nous avons quitté le groupe Ad-Da’wa, puis AbdulMadjid a cherché un nom à notre nouveau groupe de prédication. On s’est dit, pourquoi pas l’appeler « groupe islamique Al-Bayâne », ou alors « groupe islamique Al-Badrou » ? Al-Badrou c’est la pleine lune ! Quand la pleine lune arrive, les ténèbres disparaissent ! Nous avons donc validé cette proposition d’AbdulMadjid.

Au départ, nous étions donc quatre. Il y avait AbdulMadjid Kasogbia, moi, il y avait aussi Hussein Baruani Faray et Idi Ibrahim, qui s’occupait de la logistique. C’est lui qui avait le matériel de sonorisation qui nous permettait de tenir nos campagnes. À partir de là, nous avons organisé plusieurs campagnes populaires dans pratiquement toutes les communes de Kinshasa. Nous avons aussi animé des conférences-débats dans les universités et instituts supérieurs. Nous avons été à l’UNIKIN, à l’IEC, à l’ISTA. Nous avons ensuite été rejoints par d’autres prédicateurs. Shaykh Khalfân Mulunga, Shaykh Ayoub Djuma, puis Farhat Kahenga, qui venait de Goma. Du groupe Ad-Da’wa, nous avons récupéré Aboubakar Ngweja Salif et nous avons recruté Yassin Abdallâh, qui venait du Maniema. Ce groupe Al-Badrou a vraiment fait un tabac à Kinshasa à ses débuts ! »

Sa participation, entre les années 1999 et 2000, à l’émission « Kratos » sur la chaîne Télé-Congo, où il débattra aux côtés d’AbdulMadjid Kasogbia face à des pasteurs du Congo-Brazzaville, apportera une notoriété internationale au groupe de prédication « Al-Badrou » dont les deux hommes seront pendant longtemps les figures de proue. Formateur d’une nouvelle génération de prédicateurs, l’imam Abdallâh Bankita s’était récemment illustré par son engagement pour la réforme de la Communauté islamique en RDCongo (COMICO) aux côtés du mufti Zahidi Ngongo et de l’imam Yussuf Djibondo.

Nous demandons à Allâh de l’accueillir en Sa miséricorde, parmi les pieux, les véridiques et les sincères.

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