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Venus du Nigeria, les terroristes de la secte Boko Haram ont investi le Nord du Cameroun, où ils poursuivent leurs exactions, massacres et enlèvements. Premières victimes de la secte, les Musulmans Camerounais résistent.

Dans l’Extrême Nord, les chefs de village ont décidé, conjointement avec les imams, de combattre toute radicalisation du discours religieux dans les mosquées. C’est que la région, frontalière du Nigeria, concentre une grande partie des 21% e Musulmans qui peuplent le Cameroun. La communauté est aujourd’hui particulièrement marquée par les événements de Fotokol du 4 février dernier. Située à mois d’un kilomètre du Nigeria, la ville a été mise à sac par environ 800 hommes de Boko Haram, massacrant 200 personnes, dont les fidèles et l’imam d’une mosquée, que les terroristes livreront aux flammes.

« L’Islam n’a jamais demandé qu’on fasse du mal à qui que ce soit. Ce qui est arrivé aux populations de Fotokol est vraiment désolant. L’Islam est une religion de paix et non de barbarie, confiait Alim Garga, leader religieux musulman à Garoua (capitale de la région du Nord) au Journal du Cameroun. Je condamne fermement ce qui s’est passé à Fotokol et partout d’ailleurs au Cameroun, au Nigeria, au Tchad comme au Niger. »

Face aux forces armées et organisées de Boko Haram, la population civile ne fait évidemment pas le poids. Ainsi, les Musulmans de la région veulent s’atteler avant tout à stopper la progression des idées radicales dans leurs rangs, afin d’empêcher l’embrigadement de la secte terroriste au sein de leur communauté.

« Ce qui arrive dans l’Extrême-Nord peut bien sûr arriver dans d’autres régions du pays si nous ne sommes pas vigilants. Pour éviter que certaines personnes viennent prêcher de fausses paroles, et faire un lavage de cerveau aux croyants pour les rallier à leurs causes, j’ai demandé à tous mes imams de me dresser les noms de ceux qui doivent prêcher dans les mosquées et ces derniers doivent nous fournir d’avance les thèmes de leurs prêches explique ainsi Alim GargaNous comprenons notre Islam et nous n’avons pas besoin de ceux qui pensent comprendre cette religion mieux que nous. Boko Haram a recruté les jeunes garçons partout même à Garoua. J’ai fait le tour de tous les villages sous mon commandement et j’ai demandé aux chefs traditionnels de collaborer avec les forces de défense et les autorités administratives camerounaises. Ils doivent les informer de toute personne suspecte qui arrive dans leurs différents villages. »

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