bonobo

La dégustation de la viande de singe, bien connue en RDC, pose question auprès de la communauté Musulmane locale. Critiquée par les défenseurs de la cause animale et de l’environnement, la pratique divise.

Car manger du singe, pour certains Congolais, est clairement entré dans les moeurs, celles qui veulent, notamment, que « tout ce qui bouge se mange ».  Chassé et commercialisé illégalement, le gorille, mais surtout le chimpanzé et le bonobo, sont toujours aussi prisés dans les assiettes, malgré les risques liés aux virus et maladies dont ils sont de redoutables vecteurs dans la région. Outre cet aspect, c’est d’un point de vue religieux que la question mérite aussi d’être posée. La consommation de la viande de singe est-elle autorisée ou clairement interdite en islam ?

Au sujet des restrictions alimentaires, voici l’un des versets du Coran qui font autorité auprès des Musulmans :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’ Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’ une chute ou morte d’ un coup de corne, et celle qu’ une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’ elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’ on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion: ne les craignez donc pas et craignez- Moi. Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’ agrée l’ Islam comme religion pour vous. Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché… alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (soûrate La Table Servie, verset 3) 

Aux interdictions énumérées ici, s’ajoute celles des animaux dotés de canines par lesquelles ils attaquent (lion, chien, loup, chat…), mais aussi des oiseaux carnassiers, des animaux nécrophages et des omnivores en général, et donc, des singes. Ainsi, Ibn Abd Al-Barr a relaté le consensus sur le caractère illicite de sa chair dans son At-Tam’hîd, cité dans Al-Mughnî 13/90.

D’autres se basent sur la forte proximité génétique entre le singe et l’homme pour assimiler la consommation de la viande du primate à du cannibalisme, pratique bien évidemment prohibée en islam. Quant aux personnes qui réprouvent le fait de manger du singe en raison des virus et maladies qu’il pourrait transmettre à l’homme, ils se basent sur les nombreux versets coraniques invitant les Musulmans(e)s à éviter toute nourriture ou substance nuisible pour leur santé :

« Ô vous qui avez cru, mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées, et soyez reconnaissants envers Dieu, si c’est Lui seul que vous adorez. » (soûrate La Vache, verset 172)

« Mangez donc de ce que Dieu vous a attribué de licite et de bon. Et soyez reconnaissants pour le bienfait de Dieu, si c’est Lui seul que vous adorez. » (soûrate Les Abeilles, verset 114)

Avec tous ces éléments réunis, et ajoutés à des considérations purement éthiques, il est donc absolument inimaginable pour les Musulmans du Congo de partager avec leurs compatriotes ce plat, parfois considéré comme traditionnel, fait d’une viande de singe impropre à la consommation pour les Congolais adeptes du Coran.

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