Katanga

Avec l’Angola, la Zambie et la Tanzanie à ses portes, le Katanga, en cours de démantèlement, offre l’un des visages les plus métissés de la République Démocratique du Congo. Mais dans un pays qui a pour dénominateur commun la référence aux ancêtres, il est souvent difficile de faire remonter son arbre généalogique à plus de deux générations.

« Il n’y a pas d’archives ici, je ne sais rien du tout de mes ancêtres » nous confie ainsi Hassan de Lubumbashi (Katanga), qui porte un patronyme d’origine arabe. « Nous sommes des musulmans depuis toujours, mais je ne peux rien vous dire au sujet de mes aïeux », regrette-t-il.

Comme lui, bon nombre de Congolais musulmans peuplant les régions de l’Est de la RDC n’ont aucune idée des origines lointaines de leurs ancêtres. Alors qu’à l’Ouest, les Mukongo, grâce à la conservation de rares registres, sont encore en mesure de faire remonter leur généalogie à plus de trois générations, ce privilège est bien loin d’être accordé à tous les Congolais.

A l’Est, les Selemani, Omari, Azizi, Ramazani,… sont des noms courants et très répandus du Kivu au Katanga, en passant par le Maniema. Ils sont les descendants des commerçants arabo-zanzibarais qui se sont installés à l’Est du Congo à la fin du XIXème siècle, et ils le savent. Capables de désigner leurs aïeux sous cette généralité, ils ne sont malheureusement pas en mesure d’identifier nominativement leurs arrières grands-parents, ni de connaître leurs histoires personnelles, leurs parcours depuis Oman jusqu’à Zanzibar ou la Tanzanie.

« Mon grand-père était enseignant dans une madrassa, c’est auprès de lui que j’ai appris le Coran, et il était très strict », nous raconte Hamza Issa, un Congolais originaire du Maniema, âgé d’une soixantaine d’années et installé aujourd’hui aux Pays-Bas. Si les souvenirs d’enfance sont intacts, il est impossible pour lui d’en savoir plus au-delà de deux générations.

Si le travail sur les racines, les origines et la généalogie est l’un des chantiers les plus vastes pour les Congolais, il représente également une source d’immenses richesses personnelles et nationales quasiment jamais exploitées, la faute à un système d’archivage encore loin d’être au point depuis la colonisation.

Aujourd’hui, si les patronymes, à travers tout le pays, permettent largement d’identifier les origines ethniques ou même internationales, on apprend avant tout à se définir comme pleinement Congolais, et c’est bien l’a l’essentiel.

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