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Dans une situation qu’ils estiment de plus en plus inconfortable en France, notamment à cause de la normalisation d’un certain nombre d’idées d’extrême-droite, certains musulmans d’origine Congolaise n’hésitent plus à envisager une sorte de hijra (émigration spirituelle) vers la République Démocratique du Congo.

Thème d’importance dans l’islam, bien que sujet à certaines divergences d’ordre juridique, la hijra désigne le fait de quitter un pays où la pratique de l’islam est jugée impossible pour rejoindre une terre plus accueillante d’un point de vue religieux. Si la RDC, comme la France, reste un pays où les musulmans sont minoritaires, il semblerait que la liberté de culte telle qu’elle existe au Congo convienne mieux aux membres de la diaspora qui ont pour habitude de rentrer de temps en temps au pays.

Car s’il y a un domaine où le Congo semble en avance sur certains pays européens, c’est bien celui de la liberté de pratiquer, d’enseigner, d’apprendre ou de prêcher sa religion. Tout n’est pas parfait, loin de là, et les musulmans Congolais ne cessent de se battre pour avoir une meilleure reconnaissance de la part des autorités et du gouvernement. Cependant, certains événements, comme la retransmission systématique par la chaîne publique Congolaise des cérémonies telles que la fête de l’Aïd, ne bénéficient pas de la même couverture de la part des médias français

Autre fait marquant, et suscitant là aussi l’admiration des membres de la diaspora en visite à Kinshasa : la liberté vestimentaire avec laquelle les Congolais vivent leur religion en RDC, qui tranche avec la laïcité à la française vécue comme discriminante. En effet, les musulmans les plus attachés à l’aspect vestimentaire auront observé que le niqab, comme les tenues traditionnelles masculines, peuvent être portés en toute liberté dans les rues de Kinshasa, Lubumbashi, Goma, et aux quatre coins de toute la RDC, sans susciter d’animosité particulière. Quant à l’appel à la prière, qui ne franchit jamais les murs des mosquées et des salles de prière en France, il est audible dans tout le voisinage des mosquées Congolaises, exactement comme en terre d’islam.

Renter au Congo, pour les personnes concernées, serait l’occasion de vivre sa foi de manière plus épanouie, mais aussi de prêter main forte à toutes les bonnes intentions sur place et injecter du sang frais dans certains projets qui tardent à voir le jour. Ouvrir des cliniques, mettre sur pied des organismes de contrôle de viande halal, des boucheries, des bibliothèques islamiques, etc… Autant d’idées qui fusent dans les têtes de ces Congolais parmi lesquels figurent des personnes hautement qualifiées, et qui s’approprient de plus en plus le Destin du pays de leurs parents. A leurs yeux, la République Démocratique du Congo est une réelle terre d’opportunités.

Cependant, quitter la France pour un pays du Tiers-Monde n’est pas chose aisée. Aujourd’hui, les éventuels candidats sont encore freinés par le système de santé Congolais, à des années lumière de ce qui se fait en France, mais aussi par l’instabilité politique actuelle, qui menace d’embraser le pays à tout moment. Pour d’autres, il s’agit tout simplement d’une culture à redécouvrir, car s’ils sont nombreux à rêver d’un retour en RDC, certains n’y ont encore jamais mis les pieds.

Alors que les sondages continuent de confirmer la bonne forme du Front-National, dans un climat particulièrement tendu socialement et politiquement en France, bon nombre d’enfants du Congo, d’obédience musulmane mais pas seulement, attendent fébrilement l’alternance de la fin 2016 à Kinshasa pour rentrer au pays… en priant pour que celle-ci se fasse dans la paix et sans heurts.

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