Islam en Ouganda

Cela fait deux ans environ que les leaders musulmans sont victimes d’assassinats ou de tentatives de meurtres en Ouganda. Craignant pour leur sécurité, certains bénéficient même d’une protection de la part des autorités.

Minoritaires en Ouganda, les musulmans constituent à peu près 12% de la population. Face aux menaces qui se multiplient à leur encontre, la police a décidé de placer sous protection les personnalités éminentes de la communauté musulmane ougandaise.

« J’ai été informé que le commandant du département de police avait ordonné à l’officier en charge des VIP pour lui demander d’assurer ma protection, a ainsi confié le député Al-Hajji Latif Ssebagala à Onislam.net. Ils m’ont dit que des personnes non identifiées me suivaient pour des raisons inconnues. »

Pas habitué à vivre sous l’oeil de gardes du corps, Ssebagala, qui officie également en tant qu’imam à la mosquée parlementaire, est désormais accompagné de deux policiers dans tous ses déplacements. « J’ai demandé au commandant de la police si j’avais le choix, explique-t-il, on m’a dit que non. Je n’ai pourtant jamais été menacé et je n’estime être sous le coup d’aucune menace actuellement, mais la police m’a répété que je n’avais pas le choix, sans m’en dire plus. Je ne sais pas si ces prétendues menaces sont réelles ni d’où elles viennent, je ne sais pas si elles sont motivées par mes fonctions politiques ou par ma religion, je ne sais pas ».

Conscient de la vulnérabilité de la minorité musulmane en Ouganda, Ssebagala plaide pour une meilleure représentativité de celle-ci dans les postes à responsabilité du pays : « Il y a très peu de personnes à même de s’exprimer en ce qui concerne la communauté musulmane, a-t-il déclaré à Onislam.net, c’est pourquoi, par exemple, nous organisons dorénavant un dîner annuel de rupture du jeûne de Ramadan au parlement. Aujourd’hui, les musulmans ont le droit de servir leur pays à n’importe quel poste, je pense qu’il est révolu le temps où l’on disait qu’on manquait de qualifications pour occuper de hautes fonctions. »

Alors que Ssebagala bénéficie aujourd’hui d’une protection policière,  ce sont deux dignitaires musulmans qui  ont dernièrement survécu à des tentatives de meurtre à l’est du pays.

Pire encore, deux policiers ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Sheikh Rashid Wafula, qui était propriétaire de trois écoles islamiques, responsable en charge de la prédication (daawa) et membre du comité des grands savants en Ouganda.

L’inspecteur général de la police Ougandaise, Kale Kaihura, a à de nombreuses reprises accusé le groupe ADF (Allied Democratic Forces) d’être à l’origine des assassinats à l’encontre des leaders musulmans. Ce groupe de combattants islamistes, dont le leader Jamil Mukulu a été arrêté à l’été 2015, est bien connu à l’est de la République Démocratique du Congo, où ses incursions sont particulièrement meurtrières.

Malgré l’arrestation de Mukulu, accusé de plusieurs meurtres, les dignitaires musulmans déplorent de voir aujourd’hui les tentatives d’assassinats persister à leur encontre. Depuis 2012, ce sont 9 religieux qui ont ainsi été tués.

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