Femmes musulmanes assistant à la campagne islamique de Gemena (Equateur) à l'été 2015
Femmes musulmanes assistant à la campagne islamique de Gemena (Equateur) à l’été 2015

Considéré dans certains pays européens comme un signe de soumission de la femme, le port du voile islamique bénéficie d’une relative tolérance en RDC, même si son sens peine à être pleinement saisi.

Au Congo, le port du hijab est loin d’être généralisé au sein même d’une communauté musulmane minoritaire sur l’ensemble du territoire. L’attachement à ce vêtement islamique, qui distingue la femme musulmane de ses compatriotes chrétiennes, diffère ainsi en fonction des régions de la RDC et de l’importance de la population musulmane locale. Impactées notamment par une culture qui tourne souvent autour de codes vestimentaires, et même capillaires, jugés répréhensibles en Islam, de nombreuses jeunes filles d’obédience musulmane sont comme prises entre deux feux, hésitant entre un retour à leurs valeurs religieuses et spirituelles et la tentation d’un style de vie beaucoup plus éloigné de ce que prône le Coran.

Une difficulté à se situer qu’a observé Zulfati, une jeune musulmane voilée originaire de Goma (Nord-Kivu).

« Certaines musulmanes ont encore du mal avec le hijab, elles ne le portent que pour aller à la mosquée le vendredi par exemple, nous explique-telle. Puis lorsqu’elles le retirent et qu’elles croisent d’autres musulmans dans la rue, alors qu’elles sont dévoilées, elles craignent leurs regards et leurs jugements , au point de refuser de les saluer. »

Ces craintes, elles ne sont pourtant pas forcément justifiées, les critiques et  brimades venant souvent des amies chrétiennes, qui ne comprennent pas la nécessité qu’ont leurs collègues ou camarades musulmanes à porter le foulard islamique. Mais l’effet contraire peut également se produire, donnant lieu à des cas de figure bien plus étonnants : « Le hijab a intrigué nos amies chrétiennes à tel point que certaines veulent commencer à le porter, raconte Zulfati. La seule chose qui les en empêche souvent, c’est le fait de ne pas avoir l’habitude de ce genre de tenue ».

D’autres musulmanes, de plus en plus nombreuses, arborent fièrement leur foulard islamique et ne le retirent sous absolument aucun prétexte. Elles profitent notamment du jour du vendredi, des fêtes religieuses ou des nombreuses campagnes islamiques organisées à travers le pays pour se retrouver massivement autour de leur communauté, pour des cérémonies aux allures de démonstrations de force. Dans certaines régions, il est ainsi considéré comme tout à fait normal de croiser des femmes voilées dans les lieux publics, dans les administrations, sur les marchés, dans les restaurants, etc…

Si la République Démocratique du Congo est un pays laïc, malgré la forte influence de pasteurs chrétiens, les administrations sont relativement clémentes face aux musulmanes qui portent le hijab. Ainsi, Mariam, qui exerce dans le domaine médical, nous explique que « le hijab est relativement bien toléré dans la société congolaise. Il ne pose pas de problèmes dans les lieux publics, sauf éventuellement dans certaines écoles qui le refusent. Les établissement catholiques, eux, ne recrutent pas de musulmanes voilées ».

Dans un pays où la question du respect de l’intégrité physique de la femme fait l’objet d’une mobilisation encore trop timide, le port du hijab semble être très majoritairement accepté. Mieux; le Congo semble être épargné par la fièvre anti-musulmane qui frappe actuellement certains pays occidentaux, mais également certains pays voisins en Afrique Centrale.

Dunia-Kongo-Muslima

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *