FARDC 2015

Sur Facebook, de nombreux soldats des FARDC ainsi que des policiers appartiennent à des pages et groupes liés aux activistes réunis sous le mot d’ordre « Congolais Telema », réclamant une alternance politique en 2016.

Et si les membres des Forces Armées de la République Démocratique du Congo étaient des citoyens comme les autres ? Tenus à un strict devoir de neutralité en matière de politique intérieure, les militaires congolais ont juré loyauté à la nation et à leur commandant suprême, le Président de la République Joseph Kabila. Soupçonnant une volonté de ce dernier de « glisser » au-delà du deuxième mandat présidentiel que lui autorise la Constitution, de nombreux citoyens congolais se mobilisent depuis un an, dans les rues mais aussi sur les réseaux sociaux, pour exiger le départ de Kabila au terme de son bail, ainsi que la bonne tenue des élections présidentielles prévues à la fin de l’année 2016. Silencieux sur ses intentions en vue d’un scrutin qui, en théorie, ne devrait pas le concerner, le Président voit s’installer un climat politique particulièrement tendu en RDC, alors que de nombreux opposants et activistes continuent à être emprisonnés.

C’est dans ce contexte que sur Facebook, le groupe fermé Alternance 2016= Congolais Telema, enregistre la présence de militaires des FARDC, mais aussi d’agents de la police nationale. Nous en avons dénombré plus d’une trentaine sur les 26 400 adhérents que compte le groupe. Volonté de garder un oeil sur les activistes, ou réelle adhésion au combat de ceux-ci ? Peut-être un peu des deux. Car si la plupart des militaires, touts grades confondus, qui ont rejoint ce groupe demeurent silencieux, certains éléments des forces de l’ordre n’hésitent pas à publier leurs convictions, partageant par exemple des photos en hommage au colonel Mamadou Ndala en commentant : « Nous sommes là pour servir la nation congolaise (toko wa pona ekolo). » La figure de Mamadou Ndala a toujours été utilisée par les opposants au pouvoir actuel et les activistes, qui voient en sa mort un complot orchestré par Kinshasa.

Du côté des FARDC, ceux qui ont bien voulu nous parler, sous couvert d’anonymat, ont souvent été évasifs concernant l’actualité, mais tous ont manifesté leur ferme intention de « protéger les congolais », quelles que soient les circonstances. Blessés par les accusations d’indiscipline dont ils font fréquemment l’objet, et vexés par leur panne de victoire face aux groupes armés du Nord-Kivu, les soldats les plus concernés tiennent absolument à redorer l’image de l’armée nationale.

Alors que le pouvoir devrait s’appuyer sur les forces de police et l’armée en cas de troubles, voire d’une insurrection populaire en RDC à l’approche de la date prévue pour les élections présidentielles, certains activistes continuent à rêver d’une bonne surprise, avec des FARDC qui se rallieraient alors à la cause du peuple. Nous en sommes encore bien loin.

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