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Dans son livre « Dans la nuit de Daech, confessions d’une repentie* » paru la semaine dernière en France, une jeune musulmane d’origine congolaise raconte comment elle a rejoint les rangs de l’Etat Islamique, avant de finalement fuir l’organisation quelques mois plus tard.

Elle a décidé de publier son ouvrage sous le pseudonyme de Sophie Kasiki. Cette jeune maman de 33 ans, convertie à l’islam, a rejoint le groupe Etat Islamique en Syrie durant l’année 2015 avant de faire machine arrière au bout de deux mois pour retrouver la France. Éducatrice spécialisée, elle aura été embrigadée par des jeunes qui fréquentaient la maison de quartier où elle travaillait. Partis en Syrie, ces garçons auront réussi à la manipuler alors qu’elle communiquait avec eux pour les convaincre de rentrer en France.

Dans un entretien accordé au Parisien Magazine, elle explique que les jeunes l’ont poussée à rejoindre Raqqa, le fief de l’Etat Islamique, en lui promettant qu’elle pourrait y travailler en tant que sage-femme. Mariée et maman d’un enfant de 4 ans, Sophie se décide à rejoindre la Turquie le 20 février 2015 en prétextant une mission humanitaire dans le pays; elle emmène son fils dans son périple. « Jamais je ne les ai entendu faire l’éloge de Daech », confie la jeune femme, qui n’aura mis que quelques jours à découvrir la réalité de l’Etat Islamique sur le terrain. A son arrivée, elle est vite placée dans une mafada, un centre réservé aux épouses de combattants, à leurs prétendantes ou aux femmes divorcées. « C’était une espèce de crèche pour femmes, avec enfants. Toutes les portes étaient fermées. Les clefs étaient tenues par une espèce de matrone, qui les gardait autour du cou », a récemment expliqué la française à France Inter. Elle portait aussi des sangles et des menottes. Dans cette maison, certaines femmes étaient là « déposées » par leurs maris partis au combat. « D’autres étaient là parce que divorcées, d’autres encore attendaient d’être mariées. »

C’est finalement grâce à la mobilisation de son mari, depuis la France, notamment par des échanges de mails, que Sophie se décidera à risquer sa vie en fuyant la Syrie, aidée par des rebelles syriens modérés. A son retour, elle passera six semaines à la prison pour femmes de Versailles.

Se basant sur un rapport confidentiel des services de renseignements, France Inter avance le chiffre de 220 françaises ayant rejoint la Syrie et l’Irak à ce jour.

*Dans la nuit de Daech, confession d’une repentie, éd. Robert Laffont, 240 p., 18 euros.

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