Uganda Shilling

Le parlement ougandais a adopté, dès début 2016, une loi autorisant l’exercice de la finance islamique. D’aucuns voient par cette mesure un geste du président Yoweri Museveni à l’attention de la communauté musulmane du pays qu’il tente de séduire à l’approche des élections.

La loi votée permet aux banques d’obtenir une licence spécialement dédiée à la pratique de la finance islamique. Les organismes de crédit peuvent ainsi se voir octroyer une autorisation de proposer des prêts sous les conditions juridiques islamiques avec application immédiate. La mesure semble avoir d’ores et déjà séduit le secteur bancaire ougandais, puisque la moitié des établissements du pays ont demandé des autorisations pour proposer ce nouveau service.

« Un assouplissement qui a pour effet de capter immédiatement l’épargne de millions de musulmans ougandais qui étaient exclus du système bancaire, explique ainsi l’agence Ecofin. Par ailleurs plusieurs banques ougandaise sont déjà aux aguets, pour tirer avantage de cette ouverture, qui devrait booster leurs produits d’exploitation bancaire. »

L’Ouganda est marquée depuis plusieurs années par des assassinats de leaders de la communauté musulmane, sans que les motivations, ni les auteurs de ces crimes, n’aient jamais pu être clairement identifiés. Le mois dernier, une délégation musulmane avait demandé à rencontrer le président Museveni pour obtenir la libération de musulmans injustement inculpés pour certains de ces meurtres.

Aujourd’hui, le président de la République semble avoir choisi de ne pas susciter davantage d’opposition de la part des 12% de musulmans ougandais en leur offrant la quasi-généralisation de la finance islamique dans les banques ougandaises.

 

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