Frère AbdulMalik

Son histoire est connue dans sa ville de Pointe-Noire mais aussi à travers toute la République du Congo. Après des années passées comme l’un des pasteurs les plus influents du pays, AbdulMalik embrasse l’islam pour se consacrer à la propagation du message coranique.

Il symbolise à lui seul la progression impressionnante de la religion musulmane au Congo-Brazzaville. Dans ce pays, l’islam, minoritaire, continue de se frayer un chemin au sein d’un paysage confessionnel largement dominé par le christianisme, avec notamment les évangélistes et les adeptes des églises de réveil. Ces confréries, si décriées en Afrique, voient les pasteurs régner en maîtres incontestés au sein de leurs paroisses, se disant investis d’une mission divine, épaulés par le Saint-Esprit et dotés de pouvoirs thaumaturgiques. Il y a quelques années encore, AbdulMalik Mani Breko Tshibangu était l’un d’entre eux : « 27 ans durant, oui, mais ce n’était pas 27 années de vie pastorale et d’exercice, précise-t-il. J’ai passé 27 ans comme prédicateur, avec 14 ans de vie ministérielle officielle ». Mais cet homme à la voix puissante et à l’éloquence manifeste a décidé de tourner le dos au culte évangéliste et à ses activités pastorales pour se convertir à l’islam et démarrer une nouvelle vie en tant que prédicateur musulman.

Le public islamique du Congo-Brazzaville et de la RDC découvrira le frère AbdulMalik en 2012 aux côtés du célèbre Docteur AbdoulMadjid Kasogbia et des imams-vedettes de Brazzaville et Pointe-Noire tels AbdoulHamid Elenga, Ibrahim Lekaka ou encore Youssouf Ngolo. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une visite au Burkina Faso qu’il sera amené pour l’une des toutes premières fois à raconter publiquement sa démarche spirituelle, répondant ainsi à la question d’une personne assistant à la conférence donnée par la délégation de musulmans congolais.

« Je n’aime pas trop rappeler ma conversion à l’islam. En réalité, je ne me suis pas converti à l’islam, parce que le Messager d’Allâh (paix et bénédictions sur lui) nous a enseigné que tout Fils d’Adam naît musulman. Nous sommes tous nés musulmans, puis sous l’influence des parents, nous sommes devenus soit chrétiens, soit musulmans comme eux, etc… C’est en cela que je ne me suis pas converti à l’islam, je suis simplement revenu dans ma maison après avoir été perdu », témoignait AbdulMalik Breko.

« Vous devez savoir que j’ai été un pasteur, mais pas seulement, puisque j’ai été non seulement représentant légal d’une communauté chrétienne, celle de l’Eglise que j’ai fondée, mais en plus j’ai aussi été conseiller juridique des Eglises du Réveil du Congo sur le plan national. Ce n’était donc pas facile pour quelqu’un comme moi, qui vivait dans l’aisance et le luxe, dans une belle maison, des frais de mission en poche, d’abandonner tous ces privilèges accordés aux pasteurs pour se retrouver sans rien. Ce n’est pas facile, sauf si c’est Dieu qui te guide. Je ne saurais expliquer ma conversion par autre chose que la miséricorde divine à mon égard ».

Aujourd’hui, le frère AbdulMalik Breko continue de parcourir le Congo et l’Afrique francophone pour participer à des conférences, mais aussi à des débats inter-religieux au cours desquels sa parfaite maîtrise de la Bible lui permet de démontrer à ses ex-collègues pasteurs que le cheminement spirituel qui a été le sien est sensé, réfléchi et logique.

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