Museveni
Le président Yoweri Museveni auprès des musulmans de Kampala

A 4 jours des élections présidentielles en Ouganda, le Président de la République, Yoweri Museveni, tente de se mettre définitivement la communauté musulmane dans la poche.

A l’approche des élections, le président sortant, Yoweri Museveni, tient absolument à obtenir l’appui de la minorité musulmane peuplant l’Ouganda. S’il a récemment facilité l’expansion du système de financement islamique dans le pays, le chef de l’Etat doit faire face à des exigences bien plus pressantes de la part d’une communauté qui représente environ 12% de la population totale.

Pris pour cible depuis plusieurs années, 12 imams et leaders musulmans ont été mystérieusement assassinés entre 2012 et 2015. Dans le cadre de l’enquête sur ces meurtres, 14 musulmans soupçonnés d’être proche des ADF ont été arrêtés et placés en détention sans jugement. Du côté des membres de la communauté, on dénonce des arrestations arbitraires et infondées ainsi que l’absence de procès. Depuis plusieurs mois maintenant, les leaders musulmans et les famille des prisonniers exigent la libération de ceux qu’ils estiment être innocents des crimes qu’on leur impute.

Présent vendredi à la grande mosquée de Kampala, le Président de la République a souhaité montrer qu’il était à l’écoute de la communauté musulmane. Celle-ci, à travers son mufti, Shaykh Shaban Ramadhan Mubajje, a demandé des éclaircissements à Yoweri Museveni sur la situation des 14 musulmans toujours en détention. Face à une foule clamant « Les prisonniers ! Les prisonniers ! », le président a expliqué, d’après les médias ougandais, qu’il ne savait pas où en était l’enquête : « Nous voulons un pays sans terroristes. Je vais voir avec la police où est-ce qu’elle en est arrivée dans cette enquête. »

Soucieux de satisfaire la communauté musulmane, il n’est pas à exclure que Yoweri Museveni n’obtienne finalement la libération des prisonniers dans les tous derniers instants précédant les élections. C’est du moins ce que lui demandent les musulmans, qui n’ont cessé d’accentuer leur pression depuis ces dernières semaines.

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