Allah

Sur leur minbar chaque vendredi, dans les mosquées au cours de leurs conférences ou dans les écoles islamiques, même auprès des plus jeunes, les imams insistent continuellement sur un point central de la foi en islam : Le tawhid.

 

– Un point fondamental du dogme islamique.

Le tawhid, qui désigne le fait d’unifier et de centraliser le culte et l’adoration pour Allâh seul, constitue un élément vital de la foi musulmane. Fondement de la religion, ce concept invite à rejeter toute forme de culte, de rite, d’adoration ou de manifestation spirituelle dédié à autre qu’Allâh, l’unique Dieu digne d’adoration. A ce rejet, s’ajoute l’acceptation d’Allâh seul comme Dieu véritable, le seul à qui le culte est consacré, les prières adressées et à qui tous les actes d’adoration sont voués. Nier la légitimité des autres divinités pour mieux affirmer le droit à l’adoration d’Allâh exclusivement, c’est cette double notion qui est exprimée à travers la première partie de l’attestation de foi : « Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh ». Prononcé par les personnes qui se convertissent à l’islam, ce témoignage, récité dans son intégralité (« J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, et que Muhammed est Son adorateur et Son Messager »), est un engagement à suivre scrupuleusement les commandements divins sans rien associer à Allâh dans le culte, tout en respectant et en suivant la voie tracée par le dernier Prophète, Muhammed, qui était lui-même un adorateur de Dieu.

– Rappeler aux convertis le sens de leur engagement.

Si l’islam congolais est ancestral dans les régions de l’Est du pays, une grande partie de la communauté musulmane est composée de convertis, notamment des jeunes. Face à ce public, c’est aussi par crainte de voir certains réflexes païens, animistes ou chrétiens resurgir dans la pratique religieuse des fidèles que les imams insistent sur la notion de tawhid. Réaffirmer que les morts ne peuvent plus rien pour les vivants, contrairement aux croyances animistes en RDC qui confèrent de nombreux pouvoirs aux « ancêtres », mais aussi confirmer que la prière ne doit être adressée qu’à Allâh, sans intermédiaire, pas même le Prophète Muhammed (paix et bénédictions divines sur lui), contrairement à la divinité attribuée à Jésus dans le christianisme, ou au rôle d’intermédiaire qui lui est conféré dans le culte. En insistant sur ce thème, les prédicateurs espèrent voir les convertis abandonner les restes de leurs anciennes croyances, pour construire leur vie sur le dogme islamique et à leur tour inviter à l’islam.

On note également que l’affirmation du tawhid joue un rôle de grande importance dans les nombreux débats inter-religieux organisés en République Démocratique du Congo. Face à leurs interlocuteurs, la plupart du temps des pasteurs, les imams et prédicateurs musulmans obtiennent souvent le dernier mot grâce à cette thématique de l’Unicité divine, qui prend à revers la doctrine de la Trinité prêchée par les chrétiens. D’un point de vue islamique, Dieu n’a en effet ni parents (il n’est pas le fils de Marie), ni enfants (Jésus n’est pas Son fils), ni compagne, ni ministres, ni alliés.

Al Ikhlas

– Lutte contre la sorcellerie.

La dernière grande raison pour laquelle nos religieux consacrent tant de cours, de discours et d’exhortations sur ce thème du tawhid est le rapport qu’ont encore de nombreux congolais aux sciences occultes. Sorcellerie, usage d’amulettes « protectrices », magie noire,… les prédicateurs ont fort à faire face à des pratiques profondément ancrées dans certaines couches de la société congolaise. C’est ainsi qu’ils ne cessent de rappeler, plus ou moins régulièrement, que la protection contre le mal ne peut être assurée que par Allâh seul, et qu’Il est le seul garant de la réussite ou non des projets ainsi que de la réalisation des ambitions. Interdiction d’avoir recours à la sorcellerie et invitation à chercher refuge auprès de Dieu Seul contre le mal, c’est entre ces deux pôles que les religieux musulmans concentrent aussi leurs interventions sur le thème du tawhid.

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C’est avant tout du fait de la nouveauté du discours islamique pour un grand nombre de congolais, que les imams et prédicateurs du pays se voient dans l’obligation d’insister sur un concept d’Unicité divine qui vient balayer la plupart des théories spirituelles qui nourrissent les croyances au Congo. Il s’agit donc d’une rupture, notamment pour les nouveaux convertis, que d’avoir à envisager le culte à travers un Dieu réellement unique, dont l’action n’est ni soutenue, ni influencée, ni partagée par aucun associé.

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