Brazzaville Tirs

Situation confuse à Brazzaville. Alors que des tirs et des explosions ont retenti la nuit dernière, jusqu’à l’aube, de nombreux habitants des quartiers sud de la ville quittaient le secteur dans la journée.

Une base militaire attaquée, quatre commissariats pris d’assaut, la mairie de Makélékélé, quartier acquis à la cause de l’opposition, incendiée, le gouvernement congolais accuse ses opposants d’avoir formé et sponsorisé une milice pour semer le chaos dans la capitale. En effet, selon les autorités congolaises, ces troubles auraient été commandités par « des ex-miliciens Ninja Nsiloulou », qui se seraient reformés pour poursuivre leur combat datant des années 90 contre le président Sassou Nguesso. Ce dernier, au pouvoir depuis 32 ans et réélu le mois dernier après s’être donné le droit de briguer un nouveau mandat en changeant la Constitution, doit faire face à une contestation de plus en plus forte et violente.

Joint par des médias locaux par téléphone, « Pasteur Ntumi », ancien leader des Ninja Nsiloulou, a déclaré que « certains ont décidé de prendre les armes, mais ce ne sont pas les miennes, car j’ai rendu les armes. Cependant, j’encourage et je soutiens ceux qui emploient la force contre ce pouvoir ».

De son côté, le gouvernement congolais a réagit via un communiqué rendu public en milieu de journée :

« Ce Lundi 04 avril 2016, dans les environs de trois heures, du matin, des ex-miliciens NINJA NSILOULOU se sont infiltrés dans  Brazzaville sud, par le quartier MAYANGA, situé dans l’arrondissement 8 Madibou.

Ils ont attaqué la position militaire de MAYANGA, ainsi que le commissariat central du Djoué, le commissariat de Police de l’arrondissement 1 Makélékélé, et les commissariats de police des quartiers Lemina et Kinsoundi.

Tous ces édifices, auxquels il faut ajouter la Mairie de Makélékélé, ont été incendiés, dans le cadre de ce qui s’apparente à une véritable action terroriste. Il convient de signaler que les assaillants ont posé, par ailleurs, des actes de voies de faits et diverses exactions sur les populations civiles, lesquelles se voient contraintes de quitter leurs lieux d’habitation.   

Actuellement, la situation ainsi créée est gérée par la Force Publique, qui est en train de rétablir l’ordre public.

Force est de constater que cette situation est consécutive à l’élection présidentielle du 20 Mars 2016, grand moment de démocratie apaisée, scrutin dont les populations attendent tout simplement la publication des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle.

C’est dans ce contexte qu’il convient également de relever, pour le condamner, que certains candidats ainsi que leurs soutiens, n’ont eu de cesse d’en appeler à la désobéissance civile et à l’insurrection armée.

En l’état actuel des choses, le Gouvernement de la République n’a pas encore la preuve que des candidats, ou leurs soutiens soient impliqués dans cette affaire. Mais le Gouvernement tient à préciser à l’opinion nationale et internationale que les investigations se poursuivent. 

En conclusion, le Gouvernement de la République rappelle que la situation est maitrisée. Il invite les populations à rester sereines et à vaquer à leurs occupations quotidiennes.

Nous serons amenés à revenir vers vous dans les prochaines heures, en tant que de besoin. »

Fait à Brazzaville, le 04 Avril 2016

Le Gouvernement.

A la fin de la journée, des violences étaient toujours signalées dans le sud de Brazzaville, plusieurs personnes ont également été interpellées par la police.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *