Lubumbashi (Haut-Katanga)
Lubumbashi (Haut-Katanga)

En souffrance, la RDC est à bout de souffle. Elle accuse un retard conséquent dans de trop nombreux domaines, jusque dans les secteurs les plus élémentaires. Dans ces conditions, le rôle social de la communauté musulmane revêt une importance d’autant plus haute. Explications.

Longtemps cantonnés dans les mosquées, les musulmans de la République Démocratique du Congo que nous sommes, avons au fil des années pris conscience du rôle que nous avions à jouer dans la vie sociale du pays. Si un sentiment de marginalisation a d’abord pu freiner toute tentative d’investissement personnel en faveur de la société, nous avons toujours eu conscience de la compatibilité de notre engagement religieux avec les besoins criants de l’ensemble de la population congolaise. Aujourd’hui, cette compatibilité est à concrétiser. Education, santé, environnement, industrie, création d’entreprise, politique, sport, quel secteur d’activité ne mérite-t-il pas plus d’implication de notre part ? Témoins impuissants du marasme dans notre pays, notre participation à son redressement est encore bien trop timide, peu aidés, il est vrai, par l’hostilité de certaines communautés majoritaires en RDC lorsqu’il s’agit de voir un musulman gravir les échelons sociaux. Mais l’énergie, la volonté, la prise d’initiative et la construction de projets élaborés restent des attributs qui doivent nous caractériser au moment où notre propre communauté est handicapée par une situation financière qui fait d’elle le groupe confessionnel le plus pauvre du Congo.

Changer les choses, assurer le rayonnement des musulmans congolais, mais également de tous nos compatriotes, sans distinction de confession, passe par des idées fortes, des projets structurés et une détermination de tous les instants, qui ne doit pas nécessairement passer par l’aide extérieure si fréquemment sollicitée par nos organisations. Repenser notre sens de l’initiative, c’est se structurer, avec nos moyens, mais surtout notre volonté, pour des causes de premier plan en RDC, sur lesquelles nous avons inexplicablement été absents. A Kinshasa, l’AACRDCongo est encore bien trop seule dans son travail de prise en charge des orphelins, alors que l’avenir du Markazu At-Tahdhibil Islamiyou est encore en suspens à l’heure actuelle. Ces deux associations, comme des centaines allant du Kongo-Central jusqu’au Nord-Kivu, voient leur survie dépendre parfois de sommes dérisoires, et de l’investissement de davantage de frères et de sœurs de bonne volonté. Commencer par soutenir nos propres structures, c’est rendre possible un engagement à plus grande échelle en faveur du plus grand nombre de congolais. Posséder des associations et des organisations bien régies, ordonnées et indépendantes financièrement, c’est aussi le moyen de transmettre à notre jeunesse le sens de l’investissement personnel pour l’intérêt général.

Soutenir les initiatives de nos frères sans esprit de rivalité, investir des nouveaux terrains de pensée, mener nos idées à bien jusqu’à leur réalisation et ainsi concrétiser et matérialiser l’apport de notre communauté au sein d’une société qu’elle est appelée à bonifier, tel est le défi, accessible, qui se dresse devant nous. En RDC, nous ne vivons pas en vase clos, mais en bonne intelligence avec nos frères congolais; une réalité à prendre en compte et à considérer au moment d’envisager le sens de notre contribution en faveur d’un pays qui nous presse constamment à agir avec plus de détermination.

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