VilleMorteButembo

Par signe de deuil envers les civils massacrés dans le territoire de Beni, la société civile de Beni – Lubero a lancé une opération ville-morte sur 3 jours, qui a débuté aujourd’hui.

A Butembo (Nord-Kivu), ce sont de jeunes activistes qui ont donné le ton tout au long de la journée. Particulièrement remontés, ces groupes, à l’image du collectif Véranda Mutsanga, prône depuis des semaines l’auto-défense contre « les égorgeurs » face à l’incapacité de l’Etat à assurer leur protection. Peu avant midi, certains jeunes, qui se lançaient à la recherche des auteurs des tueries, afin de rendre justice eux-mêmes, s’en sont pris à un véhicule de la MONUSCO en lui lançant des pierres avant de tenter de l’incendier.

Pour la deuxième journée ville-morte demain, la Véranda Mutsanga a lancé un appel à « radicaliser le mouvement », invitant notamment « les taxis qui n’ont pas respecté cette journée ville-morte » à se rattraper demain. De nombreuses associations de jeunes veulent notamment voir le mouvement s’étendre sur l’ensemble du Nord-Kivu, jusque dans la ville de Goma, où les actions de solidarité en faveur de Beni sont courantes.

Sur le plan militaire, les FARDC et la MONUSCO ont lancé il y a 3 jours l’opération Usalama afin d’éradiquer le phénomène ADF, notamment en débusquant les terroristes de l’immense forêt dans laquelle ils vivraient cachés depuis des années. Selon plusieurs activistes de Butembo, cette opération a été lancée en réaction aux initiatives populaires et à la colère de plus en plus vive des populations, alors que de plus en plus d’habitants de Beni continuent à s’organiser, à s’entraîner et à s’armer pour aller eux-mêmes traquer les criminels.

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