Zanzibar Medrasa

Dans toutes les mosquées de la RDC, c’est un passage obligé, érigé en priorité absolue pour tous les musulmans en quête de savoir : l’apprentissage de la langue arabe.

Les traductions du Coran sont bel et bien disponibles, de même que les ouvrages incontournables sont rendus accessibles à un public francophone. La croyance islamique, la jurisprudence, ou encore la tradition prophétique, tout l’arsenal livresque indispensable au musulman est aujourd’hui proposé en langue française. Mais dans les écoles islamiques du Congo, on préfère puiser le savoir à la source, cueillir la connaissance directement dans la langue de la Révélation : celle du Saint-Coran. Mémorisé, récité dans sa langue-mère et immuable, le Livre Saint des musulmans est à lui seul une formidable source de motivation pour les plus jeunes et les novices désireux de se lancer dans l’apprentissage de leur religion. C’est ainsi qu’au-delà du Coran, les mosquées proposent désormais des cursus intégralement en langue arabe, où l’enseignant se contente d’expliquer les notions les plus complexes en lingala, comme au sein de la madrassa de la mosquée Abou Samir, ou au centre islamique du Markaz Tadhibul Islamiyou de Kinshasa.

La crainte majeure des enseignants est de voir la communauté musulmane se perdre dans des traductions erronées, approximatives ou loin de la vérité, avec pour conséquence l’acquisition de notions faussées, ou l’adoption de croyances dévoyées. Ainsi, si la langue française est bannie des écoles islamiques, il en va de même pour l’urdu ou l’iranien, deux langues populaires auprès des minorités religieuses ahmadies et chiites, combattues idéologiquement par l’écrasante majorité sunnite qui domine l’islam congolais.

Par l’apprentissage précoce de la langue arabe, les imams veulent aussi préserver les jeunes musulmans de tout extrémisme, quand ceux qui choisissent d’évoluer par eux-mêmes et de s’en tenir à leur propre compréhension des textes tombent bien souvent dans la radicalisation. A Kisangani, l’association des jeunes musulmans pour l’éducation et le bien-être social en République Démocratique du Congo (AJEMESCO) dispose d’une section spécialement dédiée aux personnes nouvellement converties à l’islam, qui se voient délivrer gratuitement des cours d’arabe ainsi qu’une initiation au Coran.

Pendant des années, nombreux ont été les musulmans qui mémorisaient le Coran par cœur sans forcément en saisir le sens. Aujourd’hui, il s’agit de se familiariser avec la langue arabe afin de mieux s’approprier les versets du Livre Saint, mais aussi la Sunnah et ses ahadiths (récits prophétiques), puis plus tard les subtilités de la jurisprudence islamique.

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