ADF capturés

Arrêtés par l’armée il y a plusieurs jours, deux « égorgeurs » ont été présentés publiquement jeudi à Beni, où ils se sont livrés sur leur rôle dans les tueries qui ensanglantent le territoire de Beni.

Dans la foulée de l’interdiction par les autorités locales de la marche pacifique organisée le jeudi 26 mai à l’échelle nationale, les FARDC ont annoncé que ce jour verrait la présentation publique à Beni de deux ADF capturés quelques jours plus tôt. Frêles, hirsutes, les regards effrayés par la foule les entourant, les deux hommes en ont dit un peu plus sur les massacres et les enlèvements qui ont lieu de manière tristement régulière sur le territoire de Beni. En réalité, l’un des criminels présentés appartiendrait à ces « égorgeurs » qui peuplent la forêt de Beni, et qui agiraient sans aucun lien avec les motivations, floues, des ADF, dont s’est réclamé le deuxième prisonnier.

Le premier homme, Mumbere, originaire de Kaynama, et décrit comme « s’exprimant très bien en kinande », d’après les médias locaux, a déclaré avoir été enlevé par les « hommes de la forêt » alors qu’il travaillait dans les champs. Selon d’autres sources, ce ressortissant congolais aurait été recruté en tant que cuisinier pour les tueurs, avant de lui-même participer aux massacres. Le deuxième homme arrêté, un ougandais prénommé Hamidou, dit avoir été recruté par des Shebabs somaliens et avoir agi à Beni sous le commandement d’un « rwandophone secondé par un somalien ». Après un séjour en Somalie, où il a travaillé dans un grand hôtel, il aurait été trompé par ses recruteurs qui lui auraient promis de l’emmener au Soudan. Au lieu de cela, il a été envoyé dans le territoire de Beni afin de participer au massacre des populations civiles.

A ce jour, les motivations des « égorgeurs » comme celles des ADF restent on ne peut plus floues, aucune de ces organisations n’ayant jamais formulé de revendications pour expliquer leurs agissements à Beni, Lubero ou en Ituri. D’après les spécialistes, plusieurs entités seraient impliquées dans les tueries : les ADF, des éléments FDLR, des civils recrutés dans le cadre de conflits coutumiers, ou encore des officiers FARDC.

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