Jamil Mukulu, le leader des ADF, emprisonné en Ouganda depuis 2015.
Jamil Mukulu (chemise rose), le leader des ADF, aux arrêts en Ouganda depuis 2015.

Depuis plusieurs jours, des rumeurs persistantes dans le territoire de Beni faisaient état de la libération de Jamil Mukulu, le numéro 1 des ADF arrêté en 2015 en Tanzanie et extradé vers l’Ouganda. En réalité, le terroriste croupit toujours dans les geôles ougandaises, et il n’est pas prêt d’en ressortir.

La rumeur enflait au fil des jours à Beni, massivement relayée sur les réseaux sociaux par les activistes locaux : Jamil Mukulu aurait été remis en liberté un an après son arrestation et serait d’ores et déjà présent à Beni pour finir le « travail » entamé. Des appels à la vigilance, à la méfiance et à l’auto-défense continuent d’accompagner cette annonce alarmiste qui n’est en réalité qu’une énième rumeur infondée sur la situation sécuritaire dans le territoire de Beni. Certains avaient même vu dans la dernière attaque des ADF à Oïcha, l’une des seules menées depuis le lancement de l’opération Usalama il y a plus d’un mois, un signe du retour et de la reprise en main des opérations par Jamil Mukulu.

Jamil Mukulu01 UGANDA-MUKULU

Pourtant, chez le voisin ougandais, le numéro 1 des ADF est bel et bien aux mains de la police, accusé d’être le commanditaire des assassinats en série des leaders musulmans du pays depuis plusieurs années. Reçu par le Mufti d’Ouganda, Sheikh Shaban Ramadhan Mubajje, le Président Yoweri Museveni a indiqué que les auteurs des meurtres contre les imams locaux opéraient depuis la République Démocratique du Congo et qu’il avait demandé aux autorités congolaises d’accentuer leur traque. Confirmant le maintien en détention de Jamil Mukulu, le Président ougandais a promis à la communauté musulmane que les autres membres des ADF incarcérés, ainsi que les personnes soupçonnées d’être liées à ces assassinats, comme le leader ougandais des Tabligh, Sheikh Yunus Kamoga, bénéficieraient bel et bien d’un jugement dans les meilleurs délais. Accusant le système judiciaire de lenteur, Museveni a indiqué que s’il avait eu la possibilité d’employer le Kiyekera (« la loi de la jungle »), les assassinats des leaders musulmans auraient cessé depuis belle lurette en Ouganda.

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