Le massacre de Nyangwe; en 1871
Le massacre de Nyangwe; en 1871

A priori, rien de particulier, voire rien du tout, n’a été prévu par les autorités congolaises pour commémorer les 145 ans du massacre de Nyangwe ce vendredi 15 juillet 2016.

Si les crimes et exactions des missionnaires blancs et des Belges au Congo ont abondamment ensanglanté l’Histoire du pays, les agissements des commerçants Arabes ont laissé des traces tout aussi douloureuses. Le 15 juillet 1871, pour des raisons obscures, sûrement liées à un conflit entre un autochtone et un traitant Arabe, trois arabo-zanzibarais vidaient les chargeurs de leurs fusils sur les 1 500 personnes présentes au marché de Nyangwe, dans la province actuelle du Maniema. Environ 500 Congolais seront tués, pour la plupart des femmes, dont certaines accompagnées de leurs enfants, sous les yeux du Docteur David Livingstone qui relatera les faits dans son journal personnel. Plus tard, le rôle joué par le britannique sera sujet à polémique, accusé pour sa passivité alors qu’il aurait vraisemblablement pu intervenir en faveur des autochtones du fait de ses relations avec les Arabes. D’autres ont au contraire mis en doute le récit fait par Livingstone, seul témoin du massacre, l’accusant de participer à la campagne de diabolisation des Arabes au profit des européens.

Grand marché aux esclaves en son temps, le site de Nyangwe n’existe plus aujourd’hui et aucune trace de ce qu’il a été n’a été conservée, principalement du fait de la négligence des autorités congolaises. 145 ans après les faits, aucune grande cérémonie commémorative ne devrait avoir lieu ni en République Démocratique du Congo ni même dans le Maniema pour se souvenir de ce fait historique marquant.

La province du Maniema
La province du Maniema

À la fin du 19ème siècle, les arabo-zanzibarais, également appelés « arabo-swahilis », originaires du Sultanat de Zanzibar fondé par les Omanais, fondèrent au Congo les villes de Kasongo et de Nyangwe. Ils firent de la province actuelle du Maniema leur place forte et constituèrent l’un des défis majeurs de l’occupation Belge, qui parvint finalement à prendre le dessus sur l’ensemble du pays. Des localités qu’ils contrôlaient dans le Maniema, les arabes faisait partir principalement de l’ivoire, mais aussi des esclaves, vers Zanzibar, Kilwa, et d’autres sultanats de l’Océan Indien. A partir du 1874, Tippo Tip, l’un des commerçants arabes les plus influents au Congo, unifia le Maniema et l’organisa comme un petit Etat, et avec l’aide de Ngongo Lutete et de Lumpungu, il permis la diffusion de la culture swahilie et de l’islam jusqu’à l’Est du Kasaï, tout en influençant considérablement la région du Kivu. Aujourd’hui encore, le Maniema et tout le Centre-Est jusque dans le Kivu sont des places fortes de cette culture, où la langue swahilie domine et où la religion musulmane est beaucoup plus ancrée qu’ailleurs dans le pays.

Tippo Tip
Tippo Tip

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