Shaykh Masudi Kadogo, chef de l'entité islamique du Nord-Kivu
Shaykh Masudi Kadogo, chef de l’entité islamique du Nord-Kivu

Imam en chef de la province du Nord-Kivu, c’est un Shaykh Masudi Kadogo très marqué par le massacre d’hier soir à Beni qui a réagit sur notre site.

3 musulmans parmi les victimes.

Shaykh Masudi Kadogo: « Il y a effectivement eu ce carnage à Beni avec le même modus operandi des présumés ADF. D’ailleurs au cours de ce carnage il y a eu 3 musulmans tués et leurs corps sont exposés actuellement à la mosquée de Beni. J’ai envie de vous donner les noms de ces victimes; Mustafa Musevere, Maman Shamil et Ibrahim Kasereka. »

Est-on sûr que ce sont les ADF qui ont attaqué ?

Shaykh Masudi Kadogo: « Le problème, c’est qu’officiellement ce sont les ADF, mais en réalité on ne sait pas dire qui c’est exactement. Il semble que cette zone soit occupée par eux, donc les crimes leur sont attribués. »

Une absence de revendications qui pose question.

Shaykh Masudi Kadogo: « Pire encore, puisqu’ils ont même tué des musulmans ! On ne peut donc pas identifier le groupe en question, mais ceux qui sont les plus actifs dans cette zone là, ce sont les ADF. Je suis actuellement avec mes collaborateurs de Beni et de Butembo, c’est terrible ! On ne sait pas… On ne peut désigner que les ADF pour le moment. »

Quelles solutions pour mettre fin aux attaques ?

Shaykh Masudi Kadogo: « Je ne suis pas spécialiste des questions de défense ni des questions de sécurité mais je pense qu’il faut plus de travail de la part du gouvernement sur le plan sécuritaire. Il ne faut plus qu’il y ait de réactions après le carnage, mais le gouvernement doit étudier les mécanismes avec lesquels il peut empêcher ces groupes d’agir. Maîtriser les renseignements, anticiper l’action de ce mouvement, augmenter le nombre d’agents de renseignements dans cette région. »

Les musulmans du Nord-Kivu sont-ils ciblés par les recruteurs de ce groupe ?

Shaykh Masudi Kadogo: « Oui, la menace existe toujours car les musulmans connaissent des problèmes. Un ADF avait été capturé au front, il avait prétendu qu’il avait été recruté à la mosquée de Lubero. Certains musulmans sont arrêtés arbitrairement, mais pour d’autres qui sont capturés au front, il est avéré qu’ils font partie de ce groupe là. Nous travaillons à une campagne de sensibilisation sur cette question, afin de démontrer à tous que l’islam n’a absolument rien à voir avec ces gens-là ni avec leurs agissements ».

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