Au lendemain de l’attaque de présumés ADF à Beni, dans le quartier Rwangoma situé dans la commune de Beu, les FARDC, qui ont sécurisé les lieux parlent d’un bilan de plus de 50 morts.

Hier soir, un premier bilan faisait état de 3 morts et d’un militaire blessé. Alors que la pluie rend les conditions de recherche difficiles, ont évoque ce matin la mort de 30 civils originaires de Rwangoma, Mbelu et Bwerere. Du côté de l’armée, un message a été transmis ce matin aux habitants afin de les inviter à regagner leurs domiciles :

« Le Commandant de l’Opération Sukola I demande aux habitants de Rwangoma et ses environs de regagner leurs domiciles. Les FARDC contrôlent toutes les banlieues Est de Beni après la diversion que l’ennemi à créée hier soir pour tenter se desserrer l’étau de l’armée sur lui à Mwalika et dans le triangle de la mort où les FARDC ont conquis hier samedi 13 août successivement 04 positions à Nadui et à Mahanawasalua dit Garlic, tué 03 et capturé 02 combattants. »

Interrogé par le site actualite.cd, Teddy Kataliko, de la société civile de Beni, évoque pour sa part un bilan de 50 morts suite à l’attaque d’hier soir à Beni.

Face au mécontentement de la population, qui dénonce une intervention tardive des FARDC, voire une complicité, la hiérarchie militaire a appelé ses hommes à garder leur calme.

« Face à la situation de Rwangoma, le commandement lance un appel au calme et demande aux militaires des FARDC à ne pas répondre aux provocations de certains individus, a ainsi déclaré le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l’opération Sukola I. L’ennemi traqué en profondeur veut juste soulever la population contre l’armée et les autorités. »

Beni manifestations1 Beni manifestations2

En fin de matinée, une manifestation des habitants de Beni, qui se sont rassemblés devant la mairie, a été dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants réclamaient le départ du président Joseph Kabila et dénonçaient l’impuissance du pouvoir face à la répétition des massacres à Beni.

Du côté du gouvernement, 3 jours de deuil national ont été annoncés par Lambert Mende, alors que le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a publié un message de condoléances à la population en demandant le soutien de la communauté internationale.

MSG PALUKU

Suite à ce dernier massacre particulièrement sanglant à Beni, un mouvement largement suivi a été lancé ce matin sur Twitter via le hashtag #AtamaAKende (qu’Atama s’en aille). Excédés par les promesses à répétition du gouvernement congolais, les internautes demandent ainsi au ministre de la défense, Crispin Atama Tabe, de prendre ses responsabilités en quittant immédiatement ses fonctions.

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